mardi 7 novembre 2017

Trois victoires qui font grand bien au Canadien

Canadiens 2 - Blackhawks 0

Images of Francois Gagnon

À l’aube du voyage difficile au cours duquel il allait croiser les Sénateurs, le Wild, les Jets et les Blackhawks tour à tour samedi et dimanche, le Canadien se devait de gagner trois de ses quatre matchs pour revenir dans la course aux séries éliminatoires.

Il peut dire mission accomplie.

Pour être franc, je croyais qu’une récolte de trois points était beaucoup plus plausible qu’une récolte de trois gains.


La façon parfaite de terminer le voyage
Mais comme il l’a fait souvent au cours des dernières années, le Canadien a repris vie alors qu’on le croyait agonisant. Il s’est aussi, et surtout, relevé contre des adversaires qui semblaient pas mal plus forts que lui. Non seulement a-t-il battu de gros adversaires, mais il les a battus sans Carey Price qui a encaissé la seule défaite du voyage.

C’est bien pour dire...

Al Montoya a gagné à Ottawa et à Winnipeg et dimanche, Charlie Lindgren venu en relève s’est imposé pour battre les Blackhawks à Chicago où le Canadien n’avait pas gagné depuis février 2002.

Même si le duel Canadien-Hawks s’est déroulé dans l’ombre de la transaction qui a envoyé Matt Duchene à Ottawa, Kyle Turris à Nashville et une flopée d’espoirs dont le défenseur québécois Samuel Girard à l’Avalanche du Colorado – j’analyse la transaction plus loin dans le texte – Lindgren a disputé un fort match. Ses 38 arrêts en témoignent avec éloquence. Mais au lendemain d’une victoire à Winnipeg, une victoire éreintante au cours de laquelle Claude Julien a surexploité ses meilleurs éléments, le Canadien a disputé un solide match sur la route. Un match inspiré. Intense. Un match bien dirigé alors que Claude Julien a maximisé le rendement de ses joueurs en contrôlant habilement leur temps d’utilisation.


Est-ce que les victoires de Montoya et Lindgren combinées à la défaite encaissée par Price relanceront les débats émotifs, voire explosifs, sur la situation des gardiens à Montréal?

C’est clair! De fait, c’est déjà commencé alors que plusieurs partisans – qui sont aussi sans doute un peu des détracteurs du gardien numéro un – réclament déjà le départ par transaction de Price et de son gigantesque contrat qui entrera en vigueur l’an prochain seulement.

Quand Price reviendra devant le filet, qu’il signera quelques victoires et redeviendra le gardien qu’il doit être pour que le Canadien gagne, la folie passagère associée au débat sur les gardiens s’estompera.

Mais d’ici là, on entendra et lira toutes sortes de commentaires qui feront rire... ou pleurer!

De retour au Centre Bell où il disputera ses six prochains matchs, le Canadien se réveille donc avec 13 points au classement.

La bonne nouvelle : il se réveille aussi à trois points des Maple Leafs de Toronto et du troisième rang de la division atlantique, le dernier rang qui donnera un accès direct aux séries le printemps prochain.

Bon! Les Bruins de Boston affichent eux aussi 13 points, mais ils ont trois matchs en mains sur le Canadien.

Dans le portrait d’ensemble, le Canadien qui affiche une récolte 13 points sur les 30 à l’enjeu lors des 15 premières rencontres a donc besoin de 82 points pour se rendre au seuil de 95 points. La moyenne récoltée par les deuxièmes clubs repêchés dans l’Est au cours des cinq dernières saisons.

Une récolte de 82 points sur les 134 encore disponibles signifie que le Canadien doit jouer pour ,611 d’ici la fin de la saison.

Oui ça semble gros.

Mais les trois victoires signées au cours des quatre derniers matchs permettent de ne pas se laisser trop impressionner par le portrait global qui fait encore un peu peur.

Mes observations en marge de cette très rare victoire du Canadien à Chicago :
  1. Lindgren demeure invaincu
  2. Galchenyuk maintient la cadence
  3. La force tranquille de Weber
  4. Shaw s’impose encore
  5. Retour sur la transaction Sens-Avs-Preds
Chiffre du match 0 : Charlie Lindgren a signé son premier jeu blanc en carrière. Il a offert au Canadien son premier gain par jeu blanc cette saison. Jonathan Drouin a stoppé à 173 minutes 9 secondes la séquence parfaite du gardien québécois Corey Crawford qui a d’ailleurs encaissé son premier revers en temps réglementaire (8-1-2) à son 11e duel en carrière contre Montréal.

Lindgren demeure invaincu

Aux yeux de Claude Julien, la décision de préférer Charlie Lindgren à Al Montoya pour affronter les Blackhawks dimanche à Chicago allait de soi. Il voulait un gardien reposé pour donner une chance de gagner à une équipe fatiguée.

La victoire et la performance de Lindgren ont donné raison à Julien. Car Lindgren a eu le dessus de Corey Crawford qui était de retour devant la cage des Hawks moins de 24 heures après sa victoire par jeu blanc aux dépens du Wild du Minnesota.


Une victoire signée Lindgren
Lindgren a été bon en ce sens qu’il a stoppé tous les tirs des Hawks. Il a réalisé de très bons arrêts. Il a aussi été chanceux par moment. Il a même été dépassé par les événements comme on l’a vu en fin de troisième période alors qu’il s’est retrouvé le nez devant le filet et le dos au jeu alors que Hawks bourdonnaient.

Lindgren s’est bien battu. Très bien même. Il s’est aussi pas mal débattu. Mais bon! Il a gagné. Par jeu blanc en prime.

Ce qui fait qu’il est maintenant invaincu en quatre sorties dans la LNH avec une moyenne de but alloué par match de 1,24 et une efficacité de 96 %.

Est-ce qu’il mérite un autre départ rapidement avec le Canadien et non avec le Rocket? Bien sûr.

Est-ce qu’il mérite de passer devant Montoya comme auxiliaire? Cette transition viendra peut-être un jour, mais il est trop tôt pour la mettre en branle.

Est-ce qu’il oblige Marc Bergevin à offrir Carey Price au plus offrant pour mieux dépenser les 84 millions $ engloutis dans son prochain contrat et doter le Canadien d’un gros joueur de centre et d’un solide défenseur pour appuyer Shea Weber?

Après seulement quatre victoires dans la LNH? Ça manque un brin de sérieux... Peut-être même deux!

Galchenyuk maintient la cadence

J’ai beaucoup aimé la performance d’Alex Galchenyuk au sein du premier trio dimanche à Chicago.

Non il n’a pas marqué. Mais on a senti Galchenyuk beaucoup plus à l’aise en compagnie de Jonathan Drouin dimanche. Les signes intéressants perçus à Winnipeg se sont vérifiés à Chicago. Ce qui est de très bon augure pour tout le monde.

Car si une complicité s’installe entre Galchenyuk et Drouin – une meilleure que celle qu’on a longtemps attendue avec Max Pacioretty – ce premier trio donnera des résultats nécessaires aux succès du Tricolore.

On a d’ailleurs eu de beaux flashs de cette éventuelle complicité d’abord sur le but de Drouin que Galchenyuk a préparé en offrant une passe qui a permis à son joueur de centre d’exploser en vitesse en zone ennemie avant de marquer. On l’a vue aussi sur quelques beaux échanges qui ont permis au trio complété par Lehkonen de passer du temps de qualité autour de Corey Crawford.

Comme tout entraîneur-chef dans la LNH, voire dans n’importe quel autre sport professionnel, Claude Julien veut gagner. Il mise donc sur les éléments qui le convainquent le plus d’avoir des chances de gagner. En jouant comme il l’a fait lors des deux derniers matchs, Galchenyuk s’assure de maintenir sa place au sein d’un premier trio qui lui va beaucoup mieux que le quatrième.

À lui de maintenir la cadence et de convaincre son coach et l’ensemble de l’état-major que cette place est bel et bien la sienne.

La force tranquille de Weber

Shea Weber a passé près de 28 minutes sur la glace du United Center dimanche soir. Ajoutez à cette éreintante soirée de travail les 29 minutes et des poussières passées à Winnipeg samedi, et vous obtiendrez un temps d’utilisation total de 57 min 3 sec pour Weber en deux rencontres.

C’est des minutes en Simonac!

Mais Weber a survolé ces minutes sans problème. Ce qui impressionne le plus dans le cas de Weber, c’est justement le fait qu’il soit sur la patinoire aussi souvent et aussi longtemps, qu’il soit impliqué dans autant de jeux importants tout en demeurant discret.

Exception faite de son puissant tir frappé qui attire grandement l’attention, les faits et gestes de grande qualité multipliés par Weber sur la patinoire demeurent assez discrets.

Il revendique pourtant sept passes à ses cinq derniers matchs. Il a cadré neuf tirs au cours des matchs disputés à Winnipeg et Chicago en fin de semaine. Il assène des mises en échec qui n’attirent pas l’attention, mais qui font mal à ses adversaires.

Bien qu’on lui ait confié une verte recrue comme Victor Mete et qu’il ait aussi à «trainer» des partenaires comme Jordie Benn et Karl Alzner, Weber est 4e chez les défenseurs de la LNH avec 41 mises en échec et 26 :26 de temps moyen d’utilisation par match. Il est aussi cinquième dans la Ligue avec ses 48 tirs cadrés et ses 38 tirs bloqués.

Tout ça sans fla-fla, sans esclandre, sans coup de gueule ou coup d’éclat.

Une véritable force tranquille.

Shaw s’impose encore

S’il est clair que Victor Mete, malgré un ralentissement normal et évident, représente la plus belle surprise du début de saison chez le Canadien on peut ajouter qu’Andrew Shaw représente la révélation.

Encore dimanche, le vétéran ailier droit a été un élément important dans la victoire du Canadien. Il a ajouté une passe aux deux buts marqués samedi. Il revendique trois buts et six points à ses cinq derniers matchs.

Mais plus encore que ses statistiques intéressantes, c’est l’implication de Shaw dans les trois zones qui font de lui un joueur important depuis que Claude Julien l’a réuni à Max Pacioretty et Phillip Danault.

Shaw paie le prix devant le filet adverse. Il dérange les gardiens. Il encaisse des coups. Il met «sa vie» en danger alors qu’il se trouve directement dans la ligne de tir de Shea Weber lorsqu’il décoche ses boulets en direction du filet adverse. Mettez-en qu’il faut être un peu fou pour remplir ce rôle ingrat.

Shaw multiplie les petits détails dont un trio a besoin pour connaître du succès. Dont une équipe a besoin pour gagner.

Vrai que le Canadien a payé chèrement l’acquisition de Shaw par le biais d’une transaction avec les Hawks – deux choix de deuxième ronde – et qu’il a été généreux en années (six ans) et en dollars (23,4 millions $) à l’endroit du plombier de luxe, mais pour le moment, le plombier fait bien plus que déboucher des tuyaux…

Retour sur la transaction Sens-Avs-Preds

Depuis le temps que Matt Duchene voulait quitter Denver – il a réclamé une transaction à Noël la saison dernière – son souhait a finalement été réalisé.

Voilà Duchene avec les Sénateurs d’Ottawa.

Il remplacera Kyle Turris au centre du premier trio alors que Turris se retrouve à Nashville.

En guise de compensation, l’Avalanche reçoit des Sénateurs son premier choix du dernier repêchage, Shane Bowers, un centre qui affiche quatre buts et six points en 10 matchs cette année avec Boston U, son premier choix en 2018 – les Sens peuvent garder ce choix s’ils sélectionnent dans les 10 premiers ce qui voudra dire que l’Avalanche obtiendra le premier choix d’Ottawa en 2019 peu importe le rang de sélection – et le troisième choix en 2019.

Les Sens larguent aussi le contrat d’Andrew Hammond qu’ils payaient 1,5 million $ dans la Ligue américaine et qui occupait 325 000 $ sous le plafond dans la LNH.

L’Avalanche obtient aussi, et surtout, de Nashville le défenseur québécois Samuel Girard, un espoir nommé Vladislav Kamenev – un choix de 2e ronde en 2014 qui a récolté 51 points en 70 matchs à Milwaukee l’an dernier – et le choix de 2e ronde des Preds l’été prochain.

Qui a gagné?

Matt Duchene gagne, car il part de Denver. À court terme, les Sénateurs d’Ottawa gagnent aussi puisqu’ils obtiennent le meilleur joueur de la transaction. Du moins, celui qui a la meilleure réputation. Est-ce que Duchene, maintenant libéré de l’Avalanche, redeviendra le joueur étoile qu’il était?

C’est la grande question.

Si la réponse est oui, les Sénateurs seront heureux et ils accepteront de payer les 6 millions $ à verser au centre de 27 ans cette année et encore l’an prochain.

Mais seront-ils en mesure d’offrir à Duchene un contrat qui sera sans l’ombre d’un doute aussi élevé, sinon plus, que celui qu’ils refusaient de consentir à Kyle Turris?

Et si Duchene ne se raplombe pas et qu’il quitte dans deux ans?

Le directeur général Pierre Dorion aura eu le mérite d’essayer quelque chose pour faire de son club un club capable de lorgner la coupe Stanley.

À Nashville, David Poile aide une fois encore ses Predators. Vulnérables en séries l’an dernier après la perte de leur centre numéro un Ryan Johansen, les Preds ont maintenant une très solide ligne de centre avec Johansen, Turris et Nick Bonino derrière eux.

En acceptant d’offrir illico à Turris un contrat que les Sénateurs refusaient de lui offrir – 36 millions $ pour six ans – les Preds ont maintenant de la stabilité à l’attaque et à la ligne bleue avec Johansen, Turris, Forsberg, Arvidson, Jarnkrok, Bonino, Subban, Josi et Ekholm tous sous contrat à long terme.

Déjà à prendre au sérieux, les Preds le sont un peu plus avec Turris au centre du deuxième trio.

Et l’Avalanche?

À long terme, la patience de Joe Sakic qui a refusé de donner Matt Duchene pourrait faire de l’Avalanche le grand gagnant de la transaction.

Samuel Girard donnera des dividendes immédiats au Colorado où il devient le quatrième défenseur de l’équipe derrière Erik Johnson, Tyson Barrie et Nikita Zadorov.

L’avenir nous dira ce que Shane Bowers et Vladislav Kamenev offriront à l’Avalanche. Mais les Sénateurs comme les Preds ont réussi de très bons coups historiquement par le biais du repêchage.

Et c’est justement par le biais des choix de première, deuxième et troisième rondes que l’Avalanche pourra faire basculer à son avantage cette transaction si les dépisteurs profitent de ces sélections supplémentaires pour faire de grands coups au lieu de se contenter de coups fourrés.

Mais pour l’instant, les Sénateurs, les Predators et même l’Avalanche ont bien raison d’être fiers et satisfaits de la méga transaction qui s’est finalisée en plein match Colorado-New York Islanders à Brooklyn. Une transaction qui a obligé Duchene à quitter l’Avalanche en pleine première période lorsqu’il a retraité au vestiaire pour se doucher et se changer avant que ses anciens coéquipiers ne rentrent au vestiaire pour le premier entracte...

Une controverse pourrait poindre à l'horizon


Lindgren a été dominant face aux Blackhawks

Images Gaston Therrien 2016

Contrairement à ce qu'on a vu depuis le début de la saison chez le Canadien, les gardiens ont fait les arrêts lors de la récente séquence de trois victoires en quatre parties sur la route. Contre les Blackhawks dimanche, le gardien Charlie Lindgren a réalisé les arrêts clés. C'est de nature à donner confiance aux joueurs, tout le contraire que lorsque vous amorcez la rencontre avec un recul de deux ou trois buts.
Au Minnesota, l'entraîneur Claude Julien a misé le tout pour le tout en utilisant huit attaquants et quatre défenseurs. Il a surtaxé ses meilleurs éléments. C'est avec eux qu'il a cherché la victoire, qui n'est toutefois pas venue. J'ai trouvé ça fantastique. À Chicago, Shea Weber a été utilisé pendant près de 28 minutes. Julien est déjà rendu à un point dans la campagne où le Canadien a absolument besoin de signer des victoires. C'est pour cette raison qu'il agit de cette façon.

Au cours des sept derniers jours, le Canadien a réussi à vaincre des clubs qui sont en théorie supérieurs à lui. Qui sait si certains adversaires ont sous-estimé le Tricolore et s'en mordent les doigts maintenant.
Dans la victoire de 5-4 contre Winnipeg, bien des gens étaient heureux de voir l'avantage numérique marquer trois fois, mais le pilote a dégonflé la baloune de tout le monde en ramenant à la surface que l'unité de désavantage numérique avait aussi accordée trois buts aux Jets. Si ça peut consoler Julien, on peut enseigner comment bien jouer en infériorité alors que l'attaque massive repose davantage sur le talent des joueurs qui doivent trouver le moyen de marquer.
J'ai senti que les joueurs étaient nettement plus volontaires dans leur façon de jouer. Pour un, on a vu un gars comme Alex Galchenyuk mieux patiner. L'échec avant était aussi plus efficace et l'on sentait un deuxième effort plus soutenu. Les joueurs étaient moins en mode attente. Les gars ont essayé et ils ont vu que ça pouvait fonctionner.
Vous constaterez que les trois victoires signées par le Canadien la semaine dernière l'ont été avec un gardien autre que Carey Price. J'avoue que c'est difficile à expliquer. S'il fallait qu'Al Montoya et Lindgren se mettent à gagner régulièrement en l'absence de Price, ça créerait un problème.  Price est le joueur de concession et dès qu'il sera rétabli, on doit lui redonner sa forteresse. S'il fallait qu'il se mette à perdre après des victoires des autres gardiens, je verrais poindre une controverse à l'horizon.
Si j'étais l'entraîneur et que je constatais que les gars semblent plus en confiance avec les deux autres gardiens, j'irais probablement avec Montoya ou Lindgren. Claude Julien n'est pas là pour gagner un concours de popularité, il est là pour gagner des matchs. Ce sera à Claude à gérer la situation. S'il envoie Price dans les buts et que le Canadien gagne, il n'y aura aucun problème. Si le Tricolore perd toutefois, je pense que les questions vont fuser de partout. Je crois que la situation serait difficile à gérer
La défensive et Galchenyuk
La défensive du Canadien va mieux quand les gardiens font les arrêts. On ne jouera pas à l'autruche, si l'on veut que la défensive paraisse bien, le gardien se doit d'exécuter les arrêts. Au cours des dernières saisons, on a répété tellement souvent que Price sauvait la face à ses défenseurs en réalisant les arrêts. La situation est encore vraie, mais le nom du gardien a changé.
J'aime bien ce que Galchenyuk apporte récemment et je me souviens de ce que disait Jacques Martin à l'époque. Il soutenait que les trios n'existaient plus et qu'il fallait désormais parler en termes de duos. Dans ce sens, j'aime bien le duo formé de Galchenyuk et de Jonathan Drouin. J'aime aussi celui formé de Max Pacioretty et Phillip Danault ainsi que celui de Tomas Plekanec et Andrew Shaw que l'on peut remplacer par Paul Byron. On ajoute d'autres joueurs pour les compléter. J'adore ça.
À savoir si Galchenyuk va continuer à bien faire, je ne le sais pas. La réponse lui appartient. On le sent néanmoins plus impliqué et on le voit plus sur la patinoire. Il ne marque pas toujours, mais il est là et l'on peut constater qu'il fait un deuxième effort.  Compte tenu de son talent, je pense qu'il va récolter sa part du gâteau s'il poursuit de la sorte.
S'il y a des clubs qui ont peut-être pris le Canadien à la légère la semaine dernière sur la route, il ne faudrait pas que le Tricolore tombe dans le même piège lors des parties contre Vegas et Buffalo notamment.  Avec une bonne approche et un gardien qui fait les arrêts, le Canadien va aborder la séquence de six parties à la maison avec confiance. L'équipe n'a pas droit à l'erreur pour espérer faire tourner la roue.
*propos recueillis par Robert Latendresse

Lindgren protège son blanchissage avec aplomb

vendredi 3 novembre 2017

Sans Carey point de salut


Canadiens 3 - Wild 6

Images of Francois Gagnon
« On n’est pas des fous. On voit que ce n’est pas le Carey Price qu’on connaît! »

En deux phrases, Claude Julien a résumé le match que son équipe venait de perdre 6-3 aux mains du Wild du Minnesota.

En deux phrases, l’entraîneur-chef du Canadien a résumé les ennuis de son équipe qui affiche déjà huit revers en temps réglementaire après 13 matchs seulement et qui, avec ses neuf petits points au classement, neuf points qui le confinent au dernier rang de la division Atlantique et au tout dernier de l’Association Est, est déjà menacée très dangereusement de rater les séries.


Carey Price a été brouillon jeudi soir. Il n’a pas fait ce qu’on demande à tout gardien de faire devant son filet : il n’a pas donné de chance de gagner à son club. Même qu’en raison de la générosité du « meilleur gardien au monde », on pourrait avancer que Price a même miné les chances réelles de remontée de son équipe qui a profité des largesses de Devan Dubnyk pour créer un brin – mais pas deux – d’espoir en fin de rencontre.

Je vous fais grâce du fait que Price n’a pas réalisé non plus les arrêts magistraux qui sont le propre des meilleurs gardiens de la LNH. Des gardiens élites dont fait partie Carey Price. Du moins, dont il devrait faire partie, car en ce moment, Price est loin du groupe de gardiens d’élite de la LNH.

Très loin.

Mais devant lui, le Canadien a disputé un autre match approximatif. Un match sans grande conviction avant le dernier tiers alors que l’issue du match semblait déjà scellée et au cours duquel le Wild a vraiment levé le pied.

Mes observations associées à cette cinquième défaite de suite du Canadien au Minnesota :
  1. Price : ça commence à être inquiétant
  2. Encore du hockey de rattrapage
  3. Pacioretty s’enlise défensivement
  4. Chambardements tardifs
  5. Gallagher joue pour gagner

Chiffre du match : On dit souvent qu’il n’y a pas plus de place dans la LNH pour des joueurs trop vieux et trop petits. Matt Cullen et Tyler Ennis ont prouvé le contraire. Le premier s’est offert, à titre de cadeau pour son 41e anniversaire de naissance, son premier but de la saison alors que le deuxième a quant à lui atteint le plateau des 100 buts en carrière dans la LNH.

Price : ça commence à être inquiétant

Quand le Canadien a multiplié les ratés dès les premières rencontres de la saison et qu’il s’est mis à accumuler les défaites, Carey Price représentait le moindre des nombreux soucis associés aux ennuis du Tricolore.

Ce n’est plus le cas.

Contrairement au nombre de plus en plus imposant de partisans qui remettent en cause le talent et la réputation du « meilleur gardien au monde » tout comme son trop riche et trop long contrat signé l’été dernier – certains voudraient même relancer la controverse Price-Halak comme si c’était encore possible et lancent même l’idée de donner une chance à Charlie Lindgren – je crois toujours que Price est un excellent gardien.

Il ne le démontre pas, j’en conviens. Mais je ne peux croire une seconde qu’il ait soudainement perdu tous ses moyens. Qu’il soit dans une vilaine passe, c’est clair. Ça saute aux yeux. De bien des façons.

Qu’il soit au bout du rouleau, fatigué physiquement ou mentalement, ça non par exemple.

Et c’est pour cette raison que j’ai aimé le fait qu’on l’ait renvoyé dans la mêlée après une première période difficile.

J’espère aussi qu’il sera devant le filet pour amorcer le match samedi, à Winnipeg, où le Canadien croisera un adversaire bien plus solide que le Wild. Et si ce n’était pas de la politique du Canadien qui refuse de soumettre son gardien numéro un à des séquences de deux matchs en deux soirs, je serais d’avis d’y aller avec Price encore dimanche à Chicago.

Pourquoi s’acharner ainsi sur un gardien qui semble perdu?

Justement pour qu’il se retrouve.

Si Price n’était pas l’un des meilleurs de sa profession, s’il n’était pas armé d’une technique solide et d’une confiance plus solide encore, je lui offrirais un congé en espérant qu’il soit salutaire.

Mais non! Price doit se sortir lui-même – avec un peu d’aide de son club quand même – du merdier dans lequel il s’enlise. Eh oui! Il s’enlise comme le confirment sa 42e place des gardiens de la LNH avec une moyenne de 3,77 buts alloués par match et sa 44e place avec une efficacité, bien inefficace, de 87,7 %.

Price n’a rien fait pour améliorer ses moyennes.

Que non!

Sur le premier but du Wild, il a perdu l’équilibre sur un déplacement qui semblait pourtant bien simple à réaliser sur sa droite.

Sur le deuxième, non seulement Price a-t-il mal dégagé son territoire alors que sa passe s’est retrouvée sur la lame du bâton du défenseur Matt Dumba, mais Price s’est lui-même déstabilisé en revenant devant son but en heurtant le poteau avec sa jambière droite. Résultat : le gardien du Canadien n’était pas en position lorsque la rondelle tirée par Dumba l’a déjoué.

Sur le troisième, Tyler Ennis a marqué sur une très belle passe soulevée au terme d’une descente à deux contre un, mais Price a mal paru une fois encore sur son déplacement vers la droite. Il a même eu besoin de deux poussées du patin gauche pour tenter d’aller fermer l’angle. On va se le dire : il aurait été très difficile de réaliser l’arrêt sur ce troisième but, mais à défaut de pouvoir effectuer l’arrêt, Price devait au moins tenter d’y arriver. Un scénario similaire s’est d’ailleurs déroulé sur le cinquième but du Wild qui était alors en avantage numérique.

Rien pour calmer les élans de panique à l’endroit du gardien, Price est loin d’avoir bien paru sur le quatrième but, se déplaçant sans conviction comme le reste de ses coéquipiers qui avaient des allures de spectateurs sur le jeu.

Au moins, sur le dernier but du Wild Price était au banc. On ne peut donc lui adresser quelque reproche que ce soit. Avec les cinq buts déjà accordés, sa cour était déjà pas mal pleine…

Price affiche une technique approximative en ce moment. C’est évident. Il manque de conviction devant son filet. De combativité. Il semble distrait. Ailleurs. Pis encore, il semble blasé.

Et ça, c’est dangereux. Car si Price n’inspire plus confiance à ses coéquipiers et pis encore qu’il n’intimide plus l’adversaire, ça ira de mal en pis pour lui et son équipe.

Car on va se le dire clairement : sans un Price au sommet de sa forme et de son art, le Canadien n’a point de salut.

Il est donc primordial pour Marc Bergevin, Claude Julien, Stéphane Waite et l’ensemble de l’état-major de trouver, et vite, des solutions pour relancer la technique, la combativité et la confiance du gardien.

Car si le Canadien veut sauver une saison qui sombre dangereusement, c’est sur ses meilleurs éléments et donc sur son gardien numéro un qu’il devra miser… et gagner!

Encore du hockey de rattrapage

De toutes les façons que le Canadien a inventées pour perdre des matchs depuis le début de l’année, sa fâcheuse manie de mal amorcer les matchs et les périodes est la pire de toutes.

Encore hier, le Canadien s’est mis dans le pétrin avec des buts rapides accordés à l’adversaire.

Matt Cullen et Matt Dumba ont marqué à 4 :46 et 4 :56 du premier tiers. C’était les 14e et 15e fois cette saison que le Tricolore accordait des buts à ses adversaires dans les cinq premières minutes de jeu.

Ç’aurait pu être pire. Car dès les premières secondes du match, le Wild a raté deux occasions en or de surprendre la défensive du Canadien et Carey Price qui semblaient ne pas avoir réalisé que le match était commencé tant ils ont été pris de court par leurs adversaires.

C’était très laid.

Mais bon! Le Canadien a encore payé plus tard dans le match ajoutant un 16e accordé à ses adversaires en début de période dès les premiers instants du dernier tiers.

Pis encore, le but de Jared Spurgeon a été enfilé après 34 secondes seulement. Ce qui fait que des 16 buts accordés dans les cinq premières minutes d’une période cette année, huit fois, ces buts sont venus au cours de la première minute.

Comme si ce n’était pas assez, lorsque le Canadien est victime d’un but cette année, un deuxième vient souvent tout de suite après.

Avec les buts de Cullen et Dumba, en première, le Canadien a maintenant été victime de 6 séquences de deux buts en moins d’une minute au cours d’un même match. Cinq fois dans ces six séquences, les deux buts ont été enfilés en moins de 30 secondes.

Ça veut dire quoi tout ça?

Ça veut dire que le Canadien qui en arrache déjà pas mal et qui peine à marquer des buts a des déficits à combler trop souvent en début de rencontre. Et qu’il se replace trop souvent aussi en situation de hockey de rattrapage en deuxièmes et troisièmes périodes.

Pourquoi d’aussi mauvais débuts de matchs; débuts de périodes?

On peut lorgner du côté de la sélection des joueurs envoyés sur la patinoire comme première tentative d’explication. Mais peu importe l’identité des cinq joueurs désignés par le coach, ces joueurs doivent avoir la tête et le cœur à l’ouvrage dès que la rondelle tombe sur la glace. Si on a la tête ailleurs, si on n’est pas prêt, ou simplement moins prêt que l’adversaire et qu’en plus le gardien qui habituellement sauve ses coéquipiers ne les sauve plus, il arrive ce qu’on a vu 16 fois en 39 périodes jusqu’ici cette année. On voit l’adversaire lever les bras au ciel dans les cinq premières minutes et le Canadien baisser la tête.

Combinaison perdante vous dites? Mettez-en! Comme en font foi les six défaites encaissées au cours des rencontres marquées par des séquences de deux buts accordés en moins d’une minute par le tricolore.

Pacioretty s’enlise défensivement

Max Pacioretty s’est attiré les foudres de nombreux partisans du Canadien en début de saison. On a remis – encore une fois – en doute ses qualités de leader et de capitaine tout comme sa réelle valeur à titre de franc-tireur.

Avec quatre buts après 13 matchs, Pacioretty est en avance sur l’an dernier alors qu’il a marqué son 4e lors du 14ematch de la saison.

Pas question ici de prétendre que le capitaine joue du gros hockey. Surtout qu’à ses quatre buts, il a ajouté sa première passe de la saison hier.

Mais laissons cette passe de côté. Car cette passe à elle seule ne peut camoufler le match terrible en défensive que Pacioretty a disputé jeudi soir au Minnesota.

Sur le troisième but du Wild, Brandon Davidson s’est aventuré bien loin en zone ennemie. Trop loin même. Mais si le capitaine avait bien lu le jeu et avait couvert son défenseur comme le sens du hockey aurait dû lui dicter de faire, Jeff Petry ne se serait pas retrouvé seul contre deux adversaires du Wild et peut-être – le mot clef est peut-être – qu’avec la complicité de son capitaine, Petry aurait pu aider Price à ne pas accorder de but sur cette séquence.

Sur le quatrième but du Wild, Pacioretty est bien revenu en défensive pour aider ses coéquipiers, mais comme il a défendu son territoire sans la moindre conviction, il a ouvert toute grande la porte au contrôle de rondelle du Wild et à la passe parfaite qui a permis à Ryan Suter de déjouer Carey Price.

Vous direz que l’issue du match était scellée et je serai un brin d’accord avec vous, mais sur le but dans un filet désert en toute fin de rencontre, Pacioretty a encore ouvert la porte à l’adversaire en ratant une affectation.

Ajoutez à cela le fait qu’il a prolongé sa disette en avantage numérique et on a un résultat assez désolant merci de la part du capitaine à qui on peut pardonner des passages à vide à l’attaque pourvu qu’il ne devienne pas un boulet défensif trop lourd à traîner.

Ce qui a été le cas jeudi au Minnesota.

Chambardements tardifs

Je suis toujours convaincu que Claude Julien est un excellent entraîneur-chef dans la LNH. Un des bons pour la préparation de son équipe et l’ébauche de stratégie pour contrer l’adversaire.

Je crois toujours qu’il est l’homme de la situation et qu’il sait regrouper son équipe mieux que pouvait le faire Michel Therrien avant lui.

Mais encore hier au Minnesota, Claude Julien a affiché une grande patience à l’endroit de ses trios. Une grande confiance en son plan de match.

Pas question ici de remettre son plan de match en question. Surtout que depuis quelques parties, les trios qu’il a concoctés donnaient des résultats probants.

Mais jeudi, quand le Canadien s’est retrouvé une fois encore en situation de recul avec pas un, pas deux, pas trois, mais bien quatre buts de retard, il me semble qu’il aurait dû brasser la soupe avec un peu plus de vigueur.

Je sais, ses mêmes trios lui avaient donné huit buts lundi à Ottawa. Treize lors des deux derniers matchs en ajoutant les cinq marqués aux dépens des Rangers.

Mais quand même.

Après une période, il était clair que les joueurs du Canadien avaient un urgent besoin d’un survoltage. À défaut d’un coup de pied au derrière, le coach aurait pu chambarder ses trios.

Je veux bien croire qu’on tienne à garder une poigne ferme sur Alex Galchenyuk. C’est sans doute nécessaire. Mais avec trois buts de recul après une période, Galchenyuk aurait facilement pu aller relever Paul Byron ou Artturi Lehkonen au sein du premier trio.

Je n’ai pas encore mon collègue et ami Pierre Houde nommer Byron bien souvent lors du match de jeudi. Je n’ai pas entendu non plus bien souvent les noms de Drouin et de Lehkonen.

L’occasion était donc bien choisie de donner du lest à Galchenyuk ne serait que pour voir s’il profiterait de l’occasion pour prendre les choses en mains. Pour s’imposer comme un joueur de son talent devrait le faire.

Vrai que Claude Julien a jonglé avec ses trios. Vrai qu’il a offert plus de glace à Galchenyuk. Mais ces changements sont venus un peu tard, il me semble. Un peu trop tard.

Et ils sont aussi venus au détriment de Charles Hudon qui a été confiné au quatrième trio en lieu et place de Galchenyuk.

Pourquoi Hudon qui connaissait alors un meilleur match que la majorité des autres attaquants du Canadien?

L’état-major a sûrement une bonne réponse à offrir. Mais pour faire plus de place à Galchenyuk jeudi, il me semble que Byron, Lehkonen, voire Shaw et même Pacioretty tant le capitaine en a arraché, aurait pu céder leur place avant Hudon qui a ajouté une passe hier aux deux buts marqués lundi à Ottawa. Avant Hudon qui, malgré un temps d’utilisation timide, affiche maintenant une récolte de deux buts et neuf points en 19 matchs dans la LNH.

Gallagher joue pour gagner

J’ai toujours eu des préjugés favorables à l’endroit de Brendan Gallagher. Avant la venue de Shea Weber à Montréal et l’élection de Max Pacioretty, je militais vraiment pour que Gallagher succède à Brian Gionta à titre de capitaine.

Le diable de petit joueur l’a prouvé encore jeudi.

Oui il a marqué deux buts. Deux buts enfilés grâce à la complicité de Hudon sur le premier, mais toujours à sa grande implication. Sa grande combativité. On dira, avec raison, que Dubnyk a fait cadeau du deuxième but. Mais ce cadeau n’est pas seulement tombé du ciel. Il a récompensé les efforts de celui qui en a déployé le plus dans le camp du Canadien jeudi soir au Minnesota.

Quand tu t’aides, le ciel est plus enclin à t’aider!

Cela dit, c’est pour ses commentaires d’après-match que je tiens à rendre hommage à Gallagher. Après avoir défendu Carey Price, après avoir insisté sur l’importance de bien jouer devant lui pour rembourser tout ce que lui et ses coéquipiers ont à rembourser à leur gardien pour les points pas toujours mérités qu’il leur a donnés en cadeaux, Gallagher a fait une moue de dépit lorsqu’on lui a demandé si les deux buts marqués – il en revendique maintenant cinq, au premier rang du Tricolore – étaient un baume sur la défaite.

« Pas du tout, je joue au hockey pour gagner, pas pour marquer des buts », que Gallagher a répliqué avec la même fougue qu’il venait d’afficher au fil de ses 21 présences totalisant 16 minutes 16 sec de temps d’utilisation.

C’est ça donner l’exemple.

C’est ça afficher du leadership.


  •  


Une contre-performance difficile à justifier


Le mauvais début de match fait mal

Matt Cullen s'offre un cadeau de fête

Un 2e but en 10 secondes


Cullen alimente Ennis

Suter trompe Price entre les jambières

Hudon provoque un revirement et repère Gallagher

Spurgeon en ajoute en supériorité

Shaw marque son premier de la saison

Gallagher inscrit son 2e du match