vendredi 18 septembre 2015

Max Pacioretty est le bon choix au poste de capitaine

http://www.rds.ca/hockey/canadiens/

« C'est un grand honneur » Max Pacioretty 


Images of Francois Gagnon
La direction du Canadien a pris la bonne décision en confirmant la volonté des joueurs qui avaient identifié Max Pacioretty comme celui qu’ils voulaient à titre de capitaine. Le 29e dans l’histoire du Tricolore.
De fait, l’état-major de l’équipe a pris la seule décision possible à mes yeux puisque ses deux principaux rivaux ne pouvaient lui tenir tête. L’avenir de Tomas Plekanec demeure incertain à Montréal et Brendan Gallagher est un brin trop jeune pour passer devant Pacioretty dans ce rôle bien plus que symbolique.
Les fans de P.K. Subban ne sont pas contents. Ils ne sont pas d’accord avec le fait que la direction et les joueurs aient préféré Pacioretty à leur favori. C’est leur cœur qui parle. Une fois que le cœur sera moins meurtri, la raison prendra le dessus et ils comprendront le bien-fondé de ce vote entériné par la direction.
Je conviens que P.K. Subban était un bon candidat. Certainement le plus populaire auprès des partisans. C’est normal. Il est le joueur le plus flamboyant de l’équipe autant sur la patinoire qu’à l’extérieur de la glace. Il vient aussi de s’assurer un capital de sympathie éternel – ça reste à voir – avec son don de 10 millions $ pour venir en aide aux enfants malades.
Coudées franches pour P.K.
Comme je l’ai souvent dit et écrit, P.K. aurait pu assumer le rôle de capitaine. Il l’assumera peut-être un jour. Mais selon moi, P.K. pour être à son meilleur doit pouvoir être P.K. avec tout ce que cela comporte de bon et de moins bon. Comme adjoint à Max Pacioretty, P.K. sera plus en mesure de laisser libre cours à ses émotions et à son imagination sur la patinoire. Il se fera prendre parfois. C’est clair. Mais si ses débordements donnent plus de résultats positifs que de résultats négatifs, ce sera bon pour lui, pour l’équipe et les partisans. Sans être pieds et poings liés par un titre de capitaine, Subban aurait à mes yeux eu moins de latitude pour sortir des sentiers battus de temps en temps. Et je demeure convaincu que ce n’aurait pas été la meilleure chose pour lui et le Tricolore.
L’avenir nous le dira.
Quant à Gallagher, sa fougue, son cœur, sa passion en faisait un candidat logique pour tout coach ou directeur général désireux d’avoir une bougie d’allumage pour leur club à titre de capitaine. Michel Therrien et Marc Bergevin ont peut-être jonglé avec cette possibilité. Mais ils auraient vraiment pris une décision périlleuse s’ils avaient fait passer Gallagher devant le candidat du groupe.
Vote majoritaire
Max Pacioretty a pris le contrôle du club l’an dernier. Il l’a fait dans le vestiaire, sur la patinoire, devant les journalistes. Il l’a fait en glorifiant les performances étincelantes de Carey Price et des joueurs qui méritaient des accolades. Il l’a fait en dénonçant ses propres mauvaises performances et les soirées plus ordinaires de ses coéquipiers. Il l’a fait en assumant l’ensemble des responsabilités associées au titre de capitaine. Il a profité du fait que la direction avait nommé quatre adjoints afin d’analyser leur leadership pour s’élever au-dessus des autres.
Il n’est donc pas le moindrement surprenant qu’il ait été élu par une bonne majorité. Tous les joueurs ayant terminé la dernière saison avec le grand club avaient un bulletin de vote. Ils pouvaient inscrire le nom du candidat de leur choix. Max Pacioretty n’est donc pas le seul à avoir obtenu des votes.
Marc Bergevin n’a pas dévoilé le résultat du scrutin. « Mais on n’a pas eu besoin de compter deux fois », que le directeur général a précisé afin de donner une idée de l’ampleur de la victoire de Pacioretty. Une victoire que le patron du Tricolore a annoncée à Pacioretty en se rendant à son domicile… après une escale devant la mauvaise maison!
Pacioretty avait une prise ou deux contre lui. Ceux qui gravitent de près autour du vestiaire vous confirmeront – sans le faire publiquement – que Pacioretty et son entraîneur Michel Therrien n’étaient pas toujours sur la même longueur d’onde au cours des dernières années. La transition qui a suivi le départ de Brian Gionta aura donc permis aux deux hommes de se connaître un peu plus, d’améliorer leurs relations.
Et le voilà capitaine.
S’il n’était peut-être pas le candidat numéro un de la direction à l’aube de la dernière saison, il l’est sans l’ombre d’un doute devenu en cours d’année. Et c’est tant mieux. Car Max Pacioretty ne devient pas seulement le 29ecapitaine de l’histoire parce qu’il est le choix de ses coéquipiers. Mais aussi, parce qu’il est aussi devenu le choix de la direction. En se ralliant au vote de leurs joueurs, Marc Bergevin et Michel Therrien affichent donc une belle confiance en eux et aussi en leur nouveau capitaine. Une confiance qui sera essentielle pour établir une relation saine entre eux et celui qui saura les aider à faire passer leur message dans le vestiaire.
En français s’il-vous-plaît
En acceptant son titre de capitaine par le biais d’un discours – il a lu un texte – livré uniquement en français, Max Pacioretty s’est aussi assuré de calmer les passions de certains amateurs qui tiennent à ce que le capitaine de leur équipe leur parle en français.
Est-ce que Pacioretty sera en mesure de multiplier les entrevues en français dès le début de la saison? Non! Mais en faisant ce qu’il a fait hier, il a confirmé être bien conscient du fait français et de son importance dans le berceau de la francophonie en Amérique du Nord. Il a confirmé que les cours qu’il suit depuis un an ne sont pas seulement une opération de relations publiques et qu’il accordera le sérieux nécessaire à sa quête d’échanger avec les partisans de l’équipe dont il est aujourd’hui le capitaine.
C’est un excellent départ.
Andrei Markov et Brendan Gallagher formeront un duo d’adjoints au nouveau capitaine. Tomas Plekanec et P.K. Subban formeront l’autre. Ils assumeront leur rôle en alternance selon que les matchs sont présentés au Centre Bell ou sur la route.

Patrick Roy «plus humble»

http://fr.canoe.ca/sports/nouvelles/hockey/lnh/archives/

Patrick Roy «plus humble»
Patrick Roy, entraîneur-chef de l'Avalanche.Photo Christian Petersen/Getty Images/AFP

Kevin Dubé

DENVER - On dit souvent qu'on apprend peu par la victoire, mais beaucoup par la défaite. De son propre aveu, la dernière saison de l'Avalanche du Colorado aura probablement eu cet effet sur l'entraîneur Patrick Roy, qui se dit «plus humble» à l'aube de sa troisième campagne derrière le banc de l'équipe.
Après une première année ponctuée de succès, où Roy avait mené la jeune équipe de l'Avalanche au troisième rang du classement général avec une récolte de 112 points, lui permettant ainsi de remporter le trophée Jack-Adams remis à l'entraîneur de l'année, le pilote québécois est quelque peu revenu sur terre l'an dernier.
Malmenés par les blessures, les joueurs de l'Avalanche n'ont pu faire mieux qu'une 11e place dans l'Ouest en 2014-2015, à sept points d'une place en séries.

HUMILITÉ

Cette dernière campagne aura permis à Roy de grandir en tant qu'entraîneur-chef.
«Même après notre saison de 112 points, je sentais que j'avais beaucoup appris et, l'an dernier, ce ne fut pas différent. C'était d'ailleurs la même chose quand j'étais joueur. Ce que j'ai appris l'an dernier, c'est que tu n'es pas toujours récompensé par l'effort que tu mets. L'an dernier, nous avons fait un bon travail en tant qu'organisation pour mettre la meilleure équipe possible sur la patinoire. Toutefois, une part des succès d'une équipe est liée à son état de santé. La dernière année m'a rendu plus humble que ma première.
«Tu apprends à propos du système de jeu et tu apportes des ajustements, tu apprends à propos du langage que tu utilises afin de le rendre facile à comprendre pour les joueurs. Nous sommes ici pour les aider à performer à leur meilleur. Je l'ai dit souvent, mais d'être leur partenaire a toujours été très important pour moi et ce ne sera pas différent cette année», a-t-il exprimé, jeudi, au Pepsi Center de Denver, où les joueurs étaient de retour en ville pour la traditionnelle journée des examens physiques ouvrant officiellement le camp d'entraînement.
Et quand Roy parle des blessures, il n'exagère pas. L'an dernier, l'Avalanche a été la deuxième équipe la plus éprouvée, avec une somme de matchs ratés de 495. La formation a notamment dû composer avec la perte du défenseur Erik Johnson à partir du mois de janvier, à la suite d'une opération au genou, tout comme celle de Nathan MacKinnon, qui a dû s'absenter pour les 18 derniers matchs de la saison en raison d'une fracture du pied. Tout ça, sans compter les nombreux matchs ratés par le gardien partant Semyon Varlamov.

LE TEMPS EST VENU

Pour Roy, le temps est maintenant venu de gagner, pour l'Avalanche du Colorado. Aux dires de l'entraîneur, tous les joueurs sont en parfaite santé à l'aube du camp d'entraînement.
«J'aime les acquisitions que nous avons faites. De plus, nous avons tous appris de l'an dernier et je crois sincèrement que ça fait de nous une meilleure équipe de hockey. Nous avons plus de profondeur cette année que l'an dernier. On a beaucoup parlé que nous étions dans un processus et nous arrivons finalement à la fin de ce processus.»
Parmi les principaux joueurs qui feront leur entrée à Denver, notons les défenseurs François Beauchemin et Nikita Zadorov ainsi que les attaquants Mikhail Grigorenko, Carl Soderberg et Blake Comeau.

Ça va jouer du coude durant le camp du Canadien

http://www.rds.ca/hockey/canadiens/

Les postes sont limités


Éric Leblanc
BROSSARD - Après avoir multiplié les voyages entre Hamilton et Montréal au cours des dernières années, Nathan Beaulieu se classe dans la catégorie des joueurs qui abordent le camp d’entraînement avec une stabilité plus solide.
L’arrière de 22 ans a gagné ses épaulettes la saison dernière et il s’attardera à démontrer une partie plus vaste de son arsenal en 2015-2016. Limité à 1 but et 16 points en 99 parties dans la LNH, Beaulieu sait très bien qu’il peut contribuer plus régulièrement à l’attaque de son clan.
« La saison dernière, je voulais surtout m’établir dans la LNH et m’y sentir confortable. Maintenant que j’ai plus d’expérience, il n’y a pas de doute que j’aimerais en donner plus sur le plan offensif. Je sens que je comprends mieux le jeu et j’hésiterai moins à quitter mon poste pour appuyer l’attaque », a confirmé Beaulieu qui a cumulé 52 points à sa dernière campagne dans la LHJMQ.
« Pour moi, il n’y a pas de limite. Je veux jouer le plus possible, je ne cherche pas à m’ancrer dans un carcan précis. J’ai comme objectif d’être un défenseur complet et fiable dans toutes les situations », a poursuivi le gaucher.
En fin de compte, il s’agira de la première saison dans laquelle Beaulieu se sentira pleinement à sa place dans le circuit Bettman.
« Absolument. J’ai fait face à quelques obstacles sur mon chemin l’an dernier et il y en avait encore plus il y a deux ans. Cette année, j’ai le sentiment que je me suis enfin établi au sein de cette équipe. Je suis prêt à jouer mon style de jeu, mais j’ai toutefois encore plusieurs choses à prouver », a indiqué le volubile athlète.
Ce sentiment de confort est intimement relié au rôle exercé par le vétéran Sergei Gonchar qui a facilité son éclosion.
« Sergei m’a envoyé un message vraiment sympathique à la fin de la dernière saison. C’est très spécial ce qu’il a fait pour moi l’an dernier. Il m’a permis de gagner rapidement en confiance en me disant que j’avais les aptitudes pour devenir un défenseur régulier dans la LNH. Je suis très heureux de voir qu’il a été invité par les Penguins », a raconté Beaulieu en lui souhaitant la meilleure des chances.
Beaulieu devra toutefois se méfier de quelques prétendants en défense même s’il ne semble pas le plus en danger. Outre son ami Jarred Tinordi qui espère l’imiter, Greg Pateryn et Mark Barberio voudront déloger un membre régulier de la brigade défensive ou bien hériter du septième poste.
Disposant d’un bagage de 103 parties régulières dans la LNH, Barberio pourrait partir avec une longueur d’avance sur Pateryn et Tinordi, mais il préfère se voir sur un pied d’égalité pour gagner la bataille.
« Je ne dirais pas ça, ces matchs appartiennent au passé et on doit vivre dans le présent. Ce sont plutôt les prochaines semaines qui détermineront qui pourra gagner une place », a exprimé Barberio qui est originaire de Montréal.
Le défenseur de 25 ans croit pouvoir se faire justice grâce à ses atouts.
« Je dois demeurer fidèle à mon style avec de la vitesse et une relance rapide. Je vais aussi tenter d’ajouter un peu d’attaque à partir de la défense. Ça fait partie de mes points forts », a mentionné le gaucher qui identifie son répertoire à celui du Tricolore.
« L’équipe est solide défensivement et ce n’est jamais facile de jouer contre Montréal, je l’ai vécu. Je ne suis pas le plus gros et celui qui assène les plus gros coups d’épaule, mais je me sers bien de mes capacités », a ajouté Barberio.
Bien sûr, les blessures peuvent modifier le portrait. Malade, Tom Gilbert a justement raté la journée de tests médicaux et physiques sans oublier Max Pacioretty qui est blessé.
Encore plus féroce en attaque
Inutile de jeter un long coup d’œil à la liste des 58 joueurs invités au camp d’entraînement officiel (33 attaquants, 19 défenseurs et 6 gardiens) pour comprendre que la compétition sera plus corsée au plan offensif.
Puisque les ouvertures sont difficiles à repérer, plusieurs joueurs se battront avec le même objectif en tête. Torrey Mitchell, à qui le poste de centre du quatrième trio devrait appartenir à moins d’une catastrophe, est conscient de cette situation.
« On a environ 10 joueurs qui peuvent jouer sur notre troisième ou quatrième trio, ça fait beaucoup de compétition », a reconnu Mitchell qui voit ceci comme un aspect bénéfique.
Heureux de renouer avec sa nouvelle famille à partir du jour 1, Mitchell sent que l’appétit des joueurs n’a pas été rassasié.
Torrey Mitchell« On ressent un peu la sensation de sentiment d’urgence d’un travail qui n’a pas été achevé », a-t-il jugé.
Quand il parlait de la profondeur pour les troisième et quatrième unités, Mitchell avait probablement en tête une liste incluant Jacob De La Rose. Le fiable Suédois a gagné la confiance de ses entraîneurs, mais il comprend que sa sécurité d’emploi est fragile surtout à 20 ans.
« Je connais mieux les gars, je sais à quoi m’attendre cette année. Dans ce sens, je me sens mieux et je sais que je possède ce qu’il faut pour jouer dans cette ligue. Je ne peux pas dire que ce sera plus facile que l’an dernier parce qu’il y a énormément de bons joueurs à ce camp et qu’on ne me fera pas de cadeau », a évalué De la Rose qui souhaite amasser plus de points même s’il se fiche de sa production offensive.
En plus de DLR et Mitchell, on peut facilement ajouter Zack Kassian, Devante Smith-Pelly, Dale Weise, Brian Flynn, Christian Thomas, Sven Andrighetto, Michaël Bournival, Gabriel Dumont, Charles Hudon et Nikita Scherbak parmi les aspirants des deux derniers trios.
Question de terminer positivement, laissons le mot de la fin à Mitchell au sujet de l’implication remarquable de P.K. Subban avec l’Hôpital de Montréal pour enfants.
« Je ne savais pas que ça allait se produire, il a un impact majeur sur cette communauté et c’est très impressionnant de voir ce qu’il a accompli », a conclu le Québécois.

L’ère de Mike Babcock commence

http://www.rds.ca/hockey/lnh/

Mike Babcock

Images of Francois Gagnon
TORONTO - Mike Babcock claironnera, vendredi matin, ses premières directives dans un petit aréna de Bedford en banlieue de Halifax où les Maple Leafs donneront le coup d’envoi à leur camp d’entraînement.
Mais avant même de s’être fait encourager, rappeler à l’ordre, d’avoir patiné au rythme de coups de sifflet saccadés poussés par l’entraîneur-chef qui a accepté le défi énorme de refaire des Leafs une équipe respectable dans la LNH avant d’en faire un club gagnant et peut-être même un jour, un club champion, les 73 joueurs invités au camp savent déjà que l’ère Babcock est commencée.
« Ça se sent », a admis candidement le vétéran-défenseur québécois Stéphane Robidas croisé en matinée jeudi au centre d’entraînement des Leafs.
À 38 ans, à l’aube de sa 19e saison dans les rangs professionnels, sa deuxième à Toronto, Robidas a été témoin de la descente en enfer des Leafs l’an dernier. Minée de l'intérieur par une indifférence généralisée des joueurs, par une cascade de problèmes sur et à l’extérieur de la patinoire qui ont mené aux congédiements d’un directeur général – Dave Nonis – de deux entraîneurs-chefs – Randy Carlyle et Peter Horachek qui l’a remplacé en cours de saison – de leurs adjoints sans oublier plusieurs dépisteurs amateurs et professionnels, Toronto a connu sa pire saison depuis 1996-1997 encaissant 44 revers et se contentant de 68 points.
« On n’a pas encore commencé le camp qu’on sent que les choses seront différentes cette année. C’est plus sérieux. C’est mieux organisé. Mieux structuré. Mike Babcock arrive ici avec la réputation qu’il a : c’est un gars intense. Un gars qui impose le respect. Un gars qui a gagné et qui entend prendre les moyens pour gagner encore. Et il n’arrive pas seul. Un homme de hockey comme Lou Lamoriello donne beaucoup de crédibilité à notre équipe. Son nom impose le respect. L’atmosphère est bien différente aujourd’hui qu’à la même date l’an dernier », assurait Robidas jeudi.
Professionnels sur et hors glace
Si l’ère Babcock commence, celle de Lou Lamoriello commence aussi. Lors d’une rencontre avec quelques vétérans mercredi, « Sweet Lou » a indiqué qu’il tenait à ce que les joueurs des Leafs s’affichent à titre de professionnels autant sur la patinoire qu’à l’extérieur du Air Canada Center. S’il laisse à son coach le souci du professionnalisme sur la patinoire, Lamoriello a un gros mot à dire sur celui qui prévaut hors glace. « Il nous a fait comprendre que si on se demande si nos cheveux sont trop longs, c’est qu’ils le sont. Que si notre barbe est mal taillée, c’est qu’elle l’est. Que si notre tenue vestimentaire soulève des doutes, c’est qu’elle n’est pas appropriée », a expliqué le gardien québécois Jonathan Bernier.
Avec ses allures de mannequin, Bernier n’a rien à craindre en matière de commentaires négatifs de son grand patron. De son côté, Pierre-Alexandre Parenteau a convenu s’être fait couper les cheveux de quelques centimètres dès mercredi afin d’être certain de ne pas avoir à subir les foudres de Lamoriello.
Même le talentueux Nazem Kadri, mêlé à plusieurs controverses dont l’une lui a valu une suspension de quelques jours, a assuré avoir compris le message associé aux arrivées de Lamoriello et Babcock.
« J’arrive au camp mieux préparé physiquement et mentalement. Je devrai afficher plus de maturité qu’à mes premières saisons et je me suis entraîné cinq jours semaine au cours de l’été. Parfois, je me suis même astreint à deux séances au cours d’une même journée. Je veux profiter des changements apportés pour relancer ma carrière », a indiqué le jeune attaquant de 24 ans qui amorce sa sixième saison dans les rangs professionnels, sa troisième exclusivement avec le grand club. En 73 matchs l’an dernier, Kadri s’est contenté de 18 buts et 39 points.
Réapprendre à jouer
Mike Babcock ne sait pas ce que l’avenir lui réserve. En fait non : s’il n’a aucune idée des résultats que sa nouvelle équipe obtiendra sur la patinoire, il sait une chose : cette équipe sera bien préparée et elle sera travaillante.
« Ce sont les deux seules choses que je peux vous assurer sans l’ombre d’un doute ce matin. Le reste, tout le reste, est en l’air. Il y a quatre ou cinq joueurs qui ont des places assurées sur mon tableau. Les autres auront la chance de se faire valoir au cours du camp. Ils me dicteront le déroulement des choses. Je ne les connais pas assez pour avoir des idées préconçues. Ce sera à eux de me donner une bonne idée de ce qu’ils peuvent donner à cette organisation. Je peux vous assurer d’une chose : on va commencer par remontrer à ce groupe à jouer au hockey. À bien jouer au hockey. On va établir des structures défensives. On va travailler. On va se battre tous les soirs. »
Très organisé, méticuleux dans sa préparation, Mike Babcock passe des heures interminables devant la télé pour visionner le travail de ses joueurs. L’analyser. Pour relever ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, ce qui doit être modifié pour obtenir des résultats probants. Il passe aussi un temps fou à jongler avec des combinaisons de trios offensifs, de duos de défenseurs.
Cet été, il n’a rien fait de tout ça. Le nouveau coach des Leafs s’est plutôt consacré à embaucher ses adjoints. À se créer un « entourage » qui saura l’appuyer dans la quête qui l’attend de faire des Leafs un club gagnant. Ses nouveaux adjoints sont Jim Hiller et D.J. Smith. « Des gars qui ne pensent pas comme moi. En fait, qui pensent souvent le contraire de ce que je pense. C’est exactement ce que je cherchais. Ils ont gagné partout où ils sont passés. Ils ont surtout profité du fait d’évoluer dans les rangs mineurs pour tenter des expériences. Secouer les habitudes. On ne le fait pas dans la LNH. Pas assez. J’entends profiter de leurs expériences et de celle d’Andrew Brewer – un jeune de 29 ans – qui s’arrangera pour que moi et mes adjoints gardions un contact étroit avec les joueurs. Il nous aidera à parler la langue des jeunes. À nous mieux faire comprendre », a expliqué Babcock.
Steve Brière est aussi le nouvel entraîneur des gardiens. Celui qui aura un contact quotidien avec Jonathan Bernier et James Reimer.
Pourquoi ne pas regarder les prouesses de ses nouveaux joueurs? Pour ne pas avoir multiplié les combinaisons sur son tableau?
« Parce que je n’aurais rien appris de les voir jouer le genre de hockey qu’ils jouaient l’an dernier. Quand je dis que je pars en neuf et qu’ils partent en neuf eux aussi c’est exactement ce que je veux dire. Je n’ai pas réponse à vos questions ce matin, ou très peu, parce que comme vous j’ai plus de questions que de réponses. Ces réponses viendront au cours des prochains jours. Des prochaines semaines. Les noms des gars, leur âge, ce qu’ils ont fait avant ne comptent pas. Ce qui comptera c’est ce qu’ils peuvent donner maintenant et pour la saison qui commence. Là, j’aurai des réponses à vous donner. »
Les affres de la défaite
Comme ses patrons Brendan Shanahan et Lou Lamoriello, Jacques Lemaire son conseiller spécial, et ses nouveaux adjoints, Mike Babcock est un gagnant. Mais voilà : il se retrouve à la tête d’un groupe de joueurs qui ont pris l’habitude de perdre au cours des dernières années. Vouloir ériger des structures solides est bien normal. Vouloir inculquer les valeurs de la préparation et du travail l’est tout autant. Mais si les Leafs encaissent plus de revers qu’ils ne remportent de victoires, la tâche de Mike Babcock sera d’autant plus difficile à accomplir.
Le nouveau coach des Leafs sait bien que le poids des défaites peut ralentir les ardeurs du meilleur joueur. Mais il ne craint pas la défaite outre mesure.
« Ce qui compte d’abord et avant tout c’est de redonner à ce groupe le goût de jouer au hockey. D’être fier de ce qu’il accomplit sur la glace. Du logo sur le chandail. De la ville. Des partisans. Si un jeune garçon voit un ballon en sortant dans la cour, qu’il le botte sur le mur et que le ballon se rend dans la rue, il va retourner dans la maison jouer au vidéo. Si le jeune botte le ballon, que le ballon lui revient et qu’il se met à avoir du plaisir à développer ses aptitudes, tu développes alors un joueur de soccer et tu as peut-être sous la main celui qui va marquer un jour le but gagnant en Coupe du monde. Commençons par retrouver le plaisir de jouer, de réapprendre à jouer, d’y mettre les efforts et de développer de bonnes structures et on verra bien où ça nous mènera », a conclu Mike Babcock.
Parce que les Blue Jays sont au plus fort de la course au championnat dans la Ligue américaine, Mike Babcock et ses nouveaux joueurs ont la chance de faire connaissance avec une attention moins portée sur leurs moindres faits et gestes.
Ça aidera. Car au-delà de toutes les qualités du nouvel état-major des Maple Leafs, cette équipe demeure un brin ou deux suspecte.
« On est meilleurs que bien du monde le croit. Il y a du talent dans ce vestiaire. Il y a de la vitesse, de l’expérience aussi. Et maintenant qu’il y a une volonté de gagner et une meilleure attitude qui vient d’en haut, on pourrait surprendre », a conclu à son tour Stéphane Robidas.