mardi 1 décembre 2015

L'autre visage de John Tortorella

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Le crédit à John Tortorella


Images of Francois Gagnon
John Tortorella s’est ennuyé des joueurs, de la vie dans le vestiaire, de la griserie de la victoire et de l’agonie de la défaite pendant le purgatoire qui a suivi son congédiement à Vancouver en mai 2014 et qui s’est prolongé jusqu’à son embauche à Columbus le 21 octobre dernier.
« Je ne me suis certainement pas ennuyé de vous », a déclaré pince-sans-rire le nouvel entraîneur-chef des Blue Jackets.
Pourtant, après avoir habitué les journalistes à des points de presse éclair, qui durait rarement plus d’une minute, Tortorella a échangé avec les journalistes pendant 12 minutes et 11 secondes bien comptées mardi matin au Centre Bell.
Plus encore, le coach bourru qui balayait du revers les questions qui le rebutaient s’est montré respectueux, affable, attentif, généreux dans ses échanges avec les journalistes. Par moment, il semblait presque sensible.
« Je n’irais pas jusqu’à mettre les mots sensible et Tortorella dans la même phrase, mais il est clair que John a une nouvelle approche. Il est et sera toujours un coach exigent, mais il peut-être plus réservé », a indiqué Brandon Dubinsky croisé dans le vestiaire des Blue Jackets après l’entraînement optionnel de son équipe ce matin.
Un fils soldat d’élite
Après avoir répondu longuement aux questions reliées au hockey et à son équipe, John Tortorella s’est arrêté net lorsque je lui ai demandé s’il était prêt à répondre à quelques questions sur l’aventure de son fils Dominick qui est un soldat d’élite au sein de l’armée américaine.
J’ai cru un moment que Tortorella m’enverrait sèchement paître à quelques heures de l’affrontement contre le Canadien. C’est tout le contraire qui est arrivé. « Les questions reliées à l’aventure de "Nick" et de tous ceux qui vivent la même passion que lui sont bien plus importantes que toutes les questions reliées au hockey », a lancé Tortorella.
Soudainement, ce n’était plus l’entraîneur-chef des Blue Jackets qui se tenait devant moi, mais un père à la fois très fier de son fils, mais aussi affreusement inquiet face aux risques immenses avec lesquels il doit composer quotidiennement.
Soldat d’élite au sein du 75e régiment des Ranger, Dominick Tortorella, âgé de 25 ans, est au front quelque part dans le monde. Son père et ses proches n’ont aucune idée de l’endroit où il était hier, où il est aujourd’hui, où il sera demain. Ils savent toutefois que lui et ses compagnons d’armes sont largués dans les endroits les plus hostiles de la terre.
« Je me tiens le plus loin possible de tout ce qui est nouvelle sportive. Mais depuis que Nick a amorcé ses campagnes au sein de sa brigade élite, je dois admettre que je suis attentivement l’actualité internationale. Quand CNN lance une nouvelle de dernière minute sur un conflit quelque part sur la planète, j’ouvre les yeux et les oreilles. Ça m’intéresse parce que je me dis que c’est peut-être là où mon fils s’en ira. Ou qu’il y est déjà », a expliqué Tortorella.
Si l’entraîneur-chef peut composer avec les problèmes que le hockey place sur sa route quotidiennement et apporter les correctifs qui s’imposent, il est à la merci des rares nouvelles qu’il obtient sur les allées et venues de son fils. Qu’elles soient bonnes ou mauvaises.
« Comme parent, c’est l’absence d’information qui est le plus difficile à gérer. À la base, tu sais qu’il est en danger. Comme tous les parents des soldats qui ont choisi le même défi que Nick, on vit dans donc l’attente. On pense à lui tous les jours. On prie pour lui et ses camarades tous les jours. Nous savons qu’ils sont très bien entraînés. Qu’ils sont braves. Qu’ils sont parmi les meilleurs soldats du monde. Qu’ils vivent leur rêve et leur passion de faire une différence dans le monde. Mais il est normal de s’inquiéter. Je te dirais que c’est la fierté qui nous tient. Nous sommes fiers de notre fils mon épouse et moi. Nous sommes fiers de ses compagnons d’armes. C’est une grande source de réconfort », expliquait Tortorella mardi matin au Centre Bell.
La journée du Thanksgiving est venue et passée aux États-Unis jeudi dernier. Plus grande fête familiale chez nos voisins américains, l’Action de grâce donne lieu aux plus grands rassemblements familiaux de l’année. Plus que Noël ou que toutes les autres fêtes encerclées sur le calendrier.
Chez les Tortorella, cette fête s’est déroulée en l’absence du fils-soldat. « Il nous arrive de recevoir un appel. C’est toujours réconfortant de pouvoir lui parler. De savoir qu’il va bien. Qu’il est en santé. Qu’il est vivant. On espérait des nouvelles à la Thanksgiving, mais nous n’en avons pas eu. On espère en avoir à Noël. Est-ce que ce sera par le biais d’un appel, d’une carte, d’une visite-surprise? On ne le sait pas. Mais peu importe où il sera, il sera avec nous », a conclu Tortorella.
Palmarès éloquent
John Tortorella n’a pas besoin du hockey pour être heureux. Il a soulevé la coupe Stanley en 2004 alors qu’il dirigeait le Lightning de Tampa Bay. Il s’est rendu en finale d’Association en 2012 avec les Rangers de New York. Ses équipes ont accédé aux séries huit fois au cours de ses 12 saisons à titre d’entraîneur-chef dans la LNH. Il occupe déjà le premier rang de tous les entraîneurs-chefs américains pour le nombre de victoires (456) en carrière dans la LNH et sera à la barre de Team USA lors de la prochaine Coupe du monde de hockey qui se déroulera à Toronto en septembre prochain.
Ajoutez à ce palmarès le fait qu’il aurait pu empocher, les huit millions $ que les Canucks lui devaient après l’avoir congédié au terme de la première saison de son contrat de cinq ans, et vous avez un tas de raison qui aurait pu pousser Tortorella à consacrer le reste de sa vie à sa famille et aux chiens mal traités et abandonnés que lui et son organisme récupèrent aux quatre coins des USA pour les soigner et leur trouver ensuite des refuges.
Il a plutôt décidé de sauter sur l’offre des Blue Jackets.
« J’aime le hockey. J’aime l’aspect enseignement qui est primordial surtout au sein de cette jeune organisation qui doit apprendre à gagner et à faire ce qui doit être fait pour y arriver. J’aime l’activité autour du vestiaire. J’aime guider les joueurs. J’aime les voir fêter après une victoire, entendre la musique forte après ces victoires qui récompensent les efforts déployés à l’entraînement. C’est ce qui m’a incité à revenir. On a une belle équipe ici. On a de bons joueurs. Il y a beaucoup de travail à faire, mais nous avons amorcé un virage », expliquait Tortorella.
Bien qu’ils soient encore bons derniers dans l’Est après un début de saison catastrophique de huit revers consécutifs – Tortorella a été embauché au lendemain de la septième défaite – les Blue Jackets jouent du bien meilleur hockey depuis l’entrée en scène de leur nouveau coach.
Ils présentent un dossier de 10-8 depuis son arrivée. Plus encore que cette fiche gagnante, les Jackets sont dans le coup tous les soirs.
Tortorella a d’ailleurs réussi à relever le premier défi qu’il s’était fixé en arrivant à Columbus : réduire le nombre de buts accordés. Les Jackets sont toujours derniers dans l’Est avec 76 buts accordés en 25 matchs. Mais après en avoir accordé 34 lors des sept premières parties (3,04 par matchs) ils en ont accordé 42 lors des 18 matchs dirigés par Tortorella. Ce qui représente une moyenne de 2,33 buts accordés par rencontre. Une moyenne qui place les Jackets dans le top-10 de la LNH.
À l’image de l’équipe qui évolue devant lui, Sergei Bobrovsky – il sera devant le filet contre le Canadien mardi soir – affiche de bien meilleures performances.
Ryan Johansen joue aussi du bien meilleur hockey. Le grand joueur de centre affiche cinq buts et 10 points à ses 10 derniers matchs après s’être contenté d’un but et huit points lors des 15 premiers matchs de la saison, dont deux qu’il n’a pas disputés après avoir été laissé de côté par Tortorella qui lui reprochait sa mauvaise forme physique.
Malgré cet éveil, le nom de Johansen est au centre de la majorité de rumeurs de transactions impliquant les Blue Jackets. Fait à noter, ni le président des opérations hockey John Davidson ni le directeur général Jarmo Kekalainen sont à Montréal pour l’affrontement face Canadien. Ils sont tous deux en missions de dépistage et c’est Bill Zito, le d.-g. adjoint qui a accompagné l’équipe au Centre Bell.
Les succès des Jackets passent aussi, et surtout, par Brandon Dubinsky dont John Tortorella parle aujourd’hui avec éloquence après l’avoir souvent criblé de critiques lorsqu’il le dirigeait avec les Rangers de New York.
« Brandon est un leader. Un travaillant. "Dubi" affiche beaucoup plus de maturité qu’à ses débuts à New York. C’est lui qui donne le ton à notre équipe et l’équipe le suit. Vendredi dernier, à Pittsburgh, il a été notre meilleur joueur sur la glace. Il a fait ce qu’il fait de mieux : il a déstabilisé ses adversaires », a raconté Tortorella qui a aussi défendu son protégé qui a fait l’objet d’une suspension d’un match pour ses doubles-échecs assénés à la nuque et au bas du dos de Sidney Crosby.

« Il méritait une pénalité. C’est clair. Je ne suis pas d’accord avec la suspension. Brandon l’a purgée, il nous a d’ailleurs beaucoup manqué lors de notre dernier match à St.Louis (défaite de 3-1), mais il sera de retour en forme et en force ce soir. Je m’attends d’ailleurs à ce qu’il nous offre un gros match ce soir face à l’une des meilleures équipes de la LNH », a conclu Tortorella.

Pourquoi avoir remplacé Tokarski par Fucale au juste? | 4 000 $ par jour, pour Fucale | Blue Jackets vs Canadien

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Publié le 1 décembre 2015 à 09:01 par

DLC

Bon mardi matin à tous et à toutes!
Le Canadien recevra la visite des Blue Jackets, ce soir… Mais avant de parler de ce match en détail, laissez-moi vous glisser quelques mots sur le rappel de Fucale, SVP.
Le Canadien a annoncé hier, après 17:00, avoir rappelé Zachary Fucale (et avoir renvoyé Dustin Tokarski à St.John’s).
Pourquoi avoir fait un switch Fucale vs Tokarski, hier?
Premièrement, on a fait le switch après 17:00 pour sauver une journée de salaire.
Sauf que Fucale a un cap hit de 714 166 $ (et des bonis à la performance possibles de 182 500 $) et Tokarski, uncap hit de 562 500 $. Sachant que ces montants là sont divisés par 186 jours, on a donc procédé au rappel après 17:00 pour sauver… Entre 815 et 1 796 $. Cheap, le Canadien? Oui et non…
On se dit qu’en épargnant ces sous comptables là aujourd’hui, on aura peut-être plus de lousse pour attirer un bon joueur au deadline. Avec toutes les blessures qu’il y a cette année (et le cap hit des joueurs blessés souvent comptabilisés), chaque dollar sera important, je suppose…
Ça… Ou peut-être que l’on ne voulait tout simplement pas le rappeler avant le point de presse de Bergevin, question de ne pas servir de la viande aux journalistes et de ne pas avoir à commenter sur cette décision publiquement.
Ou peut-être que Bergevin s’est dit : Il a une bonne idée, Philippe Cantin. Peut-être qu’on pourrait rappeler Fucale?#Hehe #BeinNon
Alors, pourquoi avoir amené Fucale à Montréal, hier?
Quelques hypothèses…
1. Marc Bergevin nous mentait tous en pleine face lorsqu’il nous disait lors de son point de presse (midi) qu’il avait pleinement confiance en Tokarski et en Condon. En fait, l’équipe n’a tellement pas confiance en Tokarski que non seulement on ne lui a pas donné un départ face aux Devils (2 en 24 heures), mais on lui préfère Fucale (un gardien recrue).
2. On veut montrer Fucale aux autres équipes (peut-être intéressées à l’obtenir, dans une grosse transaction amenant du renfort à l’attaque).
3. On veut tester Fucale pour savoir si on a besoin de faire une transaction et d’aller chercher un vétéran gardien pour palier à l’absence de Price.
Toutes ses hypothèses se valent… Mais officiellement, elles n’expliquent pas le rappel de Ticker!
Le Canadien a envoyé Tokarski à St.John’s pour lui permettre de disputer des matchs ( les IceCaps en ont 3 cette semaine). Tokarski n’a pas gardé les buts depuis le 28 octobre.
Tokarski devrait donc être rappelé en début de semaine prochaine… Et obtenir l’un des départs du 9 et du 10 novembre (Bruins et Red Wings). Misez sur les Red Wings…
Ça, c’est s’il fait bien avec les IceCaps, bien sûr. Sinon, le plan pourrait changer. Jusqu’ici cette saison, Fucale a de meilleures stats que Tokarski…
Certaines personnes parlent d’un renvoi pour des fins de conditionnement, pour Tokarski… sauf qu’officiellement, ce n’est serait pas un. Lorsque c’est le cas, le CH le mentionne. Dans son communiqué de presse d’hier, il ne l’a pas fait.
Comment Tokarski a-t-il bien pu éviter le ballottage, alors? C’est simple! Sa présence à Montréal est directement liée à la blessure de Carey Price (rappel d’urgence). Pendant quelques jours, ce sera juste Fucale (et non Tokarski) qui sera lié à la blessure de Carey Price (sur papier).
Et Fucale? Il aura la chance de vivre la vie d’un NHLer un peu. Il apprendra beaucoup, ce qui l’aidera dans son développement… Et qui sait? Peut-être qu’il sera appelé à venir en renfort à Condon et qu’il impressionnera une autre équipe?
Chose certaine, il va prendre volontiers son salaire de 4 000 $ par jour… Une somme qu’il faisait en 10 jours, dans laAHL!
Et il aura son nouveau masque aux couleurs bleu-blanc-rouge avec lui, et non son affreux masque tout blanc!
Revenons au match de ce soir…
CVI-c1SWsAAfaEJ
La présence de Blue Jackets servira-t-elle à regarnir les nombreux sièges vides vacants, dans les Rouges?
On sait déjà que Mike Condon obtiendra le départ, chez le Canadien. Ce que l’on ne sait pas, c’est qui de Byron ou Carr sera aux côtés de Flynn et Thomas, sur la 4?
Je ne suis pas un fan de 2 petits attaquants sur la même ligne. C’est pourquoi je donnerais une chance à Carr de se faire valoir, ce soir. Sauf que Carr était un spare, hier…
Et Emelin? Il s’entraînait aux côtés de Gilbert, hier soir (une paire qui a connu du succès l’an dernier). Reviendra-t-il dans la formation?
Voici à quoi devrait ressembler le CH, ce soir :
Pacioretty – Plekanec – Smith-Pelly
Eller – Galchenyuk – Andrighetto
Fleischmann – Desharnais – Weise
Byron/Carr – Flynn – Thomas

Bournival
Markov – Subban
Beaulieu – Petry
Emelin – Gilbert

Pateryn
Le trio de Desharnais se réveillera-t-il? Celui de Galchenyuk poursuivra-t-il son travail de démolition?
Chez les Blue Jackets, John Tortorella devrait diriger une formation qui va ressembler à ça :
Jenner – Johansen – Foligno
Hartnell – Dubinsky – Saad
Calvert – Wennberg – Atkinson
Campbell – Karlsson – Rychel

Chaput
Johnson – Savard
Murray – Connauton
Bodnarchuk – Falk
Bobrovsky
McElhinney
Dubinsky sera de retour au jeu (suspension).
Clarkson, Boll, Tyutin, Goloubef, Bourque et Hannikainen sont sur la liste des blessés…
Non… Pas Rene! On voulait qu’il joue!
On reconnecte après le morning skate, prévu pour 10:30.
À noter que les matchs de ce soir et de jeudi soir débuteront à 19:30.
Ailleurs chez le Canadien
– Absence de Carey Price : Une autre occasion de confondre les sceptiques (pas convaincus, encore). LIEN
– Vous pouvez voter pour envoyer un ou des joueurs du Canadien au match des étoiles, dès aujourd’hui. LIEN
Plekanec? Pacioretty? Subban? Condon?
– Holloway, Hudon et McCarron font tous partie des 10 meilleurs pointeurs de la Ligue Américaine présentement.
Mais ce ne sont pas eux qui sont à Montréal…
– Des nouvelles de Saku.
– Bel hommage à Jean Béliveau!
– L’infirmerie déborde (aussi) à St.John’s… Mais Sylvain Lefebvre se réjouit de savoir que lorsqu’il y a plusieurs blessés en haut (et en bas), ça permet souvent à un joueur de se faire valoir. Ce fût le cas de Beaulieu, il y 2 ans!LIEN
– Après Markov, c’est au tour de Jeff Petry d’aider son coéquipier (de paire) à devenir un meilleur défenseur.
– Des nouvelles de Danny Kristo… Qui attend toujours d’avoir sa chance dans la LNH.
Christian Thomas est en haut, lui… Pas depuis longtemps, mais quand même!
– Pour Michaël Bournival, le plus important c’est le hockey la santé.
– Martin Réway est en train de brûler la meilleure ligue de hockey suisse. #PetitÉchantillon #PointsParMatch
– Mike Condon prend ça cool (et simple), la vie de gardien de but à Montréal! LIEN
Contrairement à d’autres…
– Carey Price a amorcé sa descente dans le top30 des gardiens de but de l’heure… Et Mike Condon y a fait son entrée! LIEN
– 6 semaines sans Price, c’est ça plus précisément :
Ça, c’est si c’est seulement 6 semaines…
– Finalement, mon hypothèse de la déchirure partielle d’un ligament du genou tient la route, pour Price. LIEN
En terminant, voici la toile peinte par Fred Béliveau, pour Alex Côté (le gagnant de notre concours d’il y a 10 jours). Le timing est parfait pour la lui remettre, avec l’annonce d’aujourd’hui (rue Jean-Béliveau).

L’évaluation du caractère sans Carey Price

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Carey Price
Carey Price (Source d'image:Getty)

Images of Marc Denis
Le verdict est tombé telle une tuile sur la tête du Canadien; il devra se passer de son meilleur joueur pour une durée minimale de six semaines. La seule bonne nouvelle de la journée fut d’annoncer que Carey Price n’a pas besoin de subir une intervention chirurgicale.
L’objectif ultime
Le défi sera de taille pour le Tricolore, car la liste des blessures commence à s'allonger. Mais le défi n’est pas insurmontable. Une fiche de ,500 pour les vingt prochains matchs, comme l’analysait mon collègue Pierre Houde, sera suffisante pour permettre à l’équipe de Michel Therrien de viser les mêmes objectifs que ceux atteints la saison dernière. Ce ne serait pas un mince accomplissement. Mais encore plus important, le Canadien pourrait atteindre les séries éliminatoires avec son gardien titulaire dans une meilleure prédisposition que par les années précédentes.
En 2013, Peter Budaj avait dû terminer la série de premier tour face aux Sénateurs d’Ottawa. En 2014, après une saison chargée lors de laquelle il avait subi une blessure mineure lors des Jeux olympiques de Sotchi et à la suite d'une collision avec Chris Kreider, Price avait cédé sa place à Dustin Tokarski avant que son équipe ne s’incline en finale d’association contre les Rangers. Au deuxième tour de 2015, Price n’était pas à 100 % physiquement pour compléter la confrontation face au Lightning.
Qui plus est, lors des cinq plus récentes saisons complètes, Price a amorcé 70, 65, 38, 59 et 66 rencontres. Soit 80 % de toutes les parties disputées par le Tricolore au cours de cette période en plus de représenter le Canada lors des derniers JO. C’est trop. Je m’explique.
C’est parfait pour une équipe qui veut un développement rapide d’un jeune gardien prometteur. C’est aussi l’idéal pour une équipe qui doit se débattre pour rester en vie ou une autre en quête de stabilité après des années de misère entre les poteaux. Toutefois, pour une équipe menée par un gardien expérimenté qui aspire aux grands honneurs, le chiffre magique est plus près de 55 départs ou environ 70 % des matchs.
Corey Crawford a commencé 57 matchs pour les champions de la Coupe Stanley en 2015 et 28 en 2013 lors de la saison écourtée soit 60 % de tous les matchs des Blackhawks. Quick avait obtenu 49 départs pour les Kings en 2014 avant de soulever le précieux trophée.
Ce que l’histoire récente nous dit...
Pour passer à travers l’épisode de la blessure de Carey Price sans dommages, le Canadien devra emprunter une page du livre des Rangers de la saison dernière. Pas une page du livre des Predators de Nashville d’il y a quelques saisons sans Pekka Rinne.
Mike Condon n’est peut-être pas encore Cam Talbot, mais il a la chance de le devenir. Surtout, les Rangers, sans leur gardien numéro un des dix dernières années pendant une bonne période, ont confirmé leur identité propre. Ils ont démontré qu’il ne s’agissait pas d’une équipe qui dépend d’un seul joueur. Les autres leaders se sont levés, Nash, McDonagh et Girardi en tête.
Lors des dernières saisons, les Kings ont aussi surmonté l’épreuve d’une blessure à Jonathan Quick pour en sortir grandis. Même si Condon devra être constant et que Tokarski devra donner quelques bonnes performances aux bons moments, les joueurs montréalais doivent prendre le taureau par les cornes et surtout, ne pas jeter tout l’odieux de la victoire ou de la défaite sur leur gardien. Bref, ils doivent continuer sur la même lancée que depuis le début du calendrier régulier.
Marc Bergevin a fait allusion au caractère de son équipe lors de son point de presse lundi matin. Il a dit qu’il s’agissait d’une occasion en or d’évaluer ce caractère qu’il croyait présent dans son vestiaire. D’un même souffle, il a avoué que malgré qu’il demeure à l’affût pour améliorer son équipe, il ne cherche pas une solution à court terme pour le moment par le biais d’une transaction. Il a la liberté d’être patient pour le moment et il appartient aux joueurs de lui donner raison.