mardi 15 mars 2016

Repêchage d’expansion : tout est à refaire

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Des mesures pour contrer les hors-jeux en séries

FRANÇOIS GAGNON
MARDI, 15 MARS 2016. 00:51

BOCA RATON - Bien qu’il soit encore impossible de déterminer si les candidatures de Québec et Las Vegas seront accueillies ou rejetées par la Ligue nationale, le commissaire Gary Bettman et les 30 directeurs généraux se pencheront mardi sur les modalités entourant un éventuel repêchage d’expansion.
Les modalités qui prévalaient lors des dernières expansions survenues en 2000 – Wild du Minnesota et Blue Jackets de Columbus – ne tiennent plus aujourd’hui en raison des structures financières de la Ligue.

«Il n’y avait pas de plafond et de plancher salarial à respecter lors des dernières expansions. Il n’y avait pas de clauses de non-échange et de non-mouvement non plus. Ce sera intéressant de voir comment nous arriverons à établir des nouvelles procédures qui respecteront les réalités d’aujourd’hui et qui assureront la ou les nouvelles équipes d’être compétitives rapidement», a indiqué Jim Rutherford, l’un des vétérans directeurs généraux de la LNH qui est aujourd’hui à la barre des Penguins de Pittsburgh.
Malgré l’incertitude qui persiste, les équipes doivent se préparer. Car peu importe qu’elles soient favorables ou non, les décisions devraient tomber à la fin du mois de juin prochain alors que les 30 gouverneurs tiendront leur dernière réunion de la saison en marge de la soirée de distribution des honneurs individuels. Une cérémonie qui se déroulera à Las Vegas.
C’est d’ailleurs dans le cadre de cette cérémonie que le commissaire Bettman a confirmé l’ouverture du processus d’expansion en juin dernier. Un processus que les villes de Québec et de Las Vegas ont été les seules à amorcer afin d’obtenir le retour des Nordiques à Québec, ou l’implantation du hockey dans la capitale mondiale du jeu au plus tôt en 2017-2018.
Directeur général des Devils du New Jersey, Ray Shero a vécu les premiers coups de patin des Sénateurs d’Ottawa et la naissance des Predators de Nashville. Il est d’avis que la nouvelle réalité de la LNH compliquera le prochain repêchage d’expansion. Que ce soit dans deux ans ou plus tard si l’expansion est repoussée.
«Est-ce qu’on devra protéger des joueurs ou une somme globale en fonction de la masse salariale du club ? C’est une grosse question. Car si tu as des joueurs qui touchent des gros salaires au sein de ton organisation, tu pourrais être obligé de ne pas protéger des joueurs solides si tu atteins rapidement la somme maximale à protéger. Au-delà des simples questions de talent, est-ce que nous devrons offrir des joueurs de toutes les catégories de salaire ? Est-ce que tu devras offrir un gars qui écoule son premier contrat professionnel, des gars qui ont seulement droit à l’arbitrage, d’autres qui sont autonomes sans restriction. C’est loin d’être évident. Et c’est lourd de conséquences, car plus un joueur est loin de l’autonomie complète plus il a de la valeur sur le strict plan financier», a mentionné Shero.
Lorsque je lui ai fait remarquer que les 30 directeurs généraux pourraient profiter d’une éventuelle expansion pour larguer des mauvais contrats – lire des contrats trop longs et trop chers payés – Shero a souri avant d’ajouter : «On n’accorde pas de mauvais contrats dans la LNH… Remarquez que les clubs d’expansion ne seront pas nécessairement obligés d’accepter ce genre de contrat. Cela dit, ils devront peut-être le faire pour se rendre au plancher salarial. Car j’imagine qu’ils devront le respecter. Mais tu vois, ça montre à quel point nous sommes dans l’inconnu. À quel point tout est à refaire. Cela dit, le plus important à mes yeux sera de prendre des décisions qui permettront aux futures formations d’être crédibles dès leur entrée. Ce qui n’a pas toujours été le cas dans le passé», a conclu Shero qui l’a d’ailleurs appris à ses dépens à Ottawa et Nashville.
Directeur général du Canadien, Marc Bergevin n’a pas encore réfléchi aux paramètres qu’il aimerait voir implantés en vue d’un repêchage d’expansion. «Il me semble qu’on devrait attendre de savoir s’il y aura une expansion avant de se pencher sur cette question», a indiqué Bergevin. Il faut dire qu’avec tout le travail qui l’attend pour relancer son club après la saison qui s’achève et qui a tourné au cauchemar après le meilleur début d’année de son histoire, le directeur général du Canadien a bien d’autres chats à fouetter en ce moment.