Quand viendra le temps d’identifier le point le plus noir de la terrible glissade du Canadien au classement, quand viendra le temps de résumer en un jeu, ou en une séquence, ce qui aura transformé une saison 2015-2016 potentiellement de rêve en saison de misère, il faudra se souvenir de l’avantage numérique que le Tricolore a gaspillé en fin de match mardi contre les Flyers.
Un avantage numérique de cinq minutes. Un avantage numérique au cours duquel le Canadien aurait non seulement pu, voire dû, niveler les chances 3-3 dans le match, mais aurait pu, voire dû, ajouter un autre but pour s’offrir une chance de gagner. De battre des Flyers qu’il fallait battre.
Mais non!
Non seulement le Canadien n’a pas marqué lors de cette supériorité de cinq minutes, mais il a accordé deux échappées aux Flyers. Pas une, deux!
Le Canadien s’est aussi rendu coupable de hors-jeu inexplicables et surtout inexcusables à la ligne bleue adverse. Eh oui! Il s’est aussi rendu coupable de revirements, de passes ratées, de tirs hors cible. Il s’est rendu coupable de tous ces petits riens que le Canadien fait de mal depuis le début du mois de décembre. Des petits riens qui, une fois mis ensemble, expliquent le fait que le Canadien a perdu 4-2 aux mains des Flyers mardi.
Des riens qui expliquent les 20 défaites, dont 19 en temps réglementaire, lors des 25 derniers matchs.
Des riens qui expliquent pourquoi le Canadien se réveille un rang plus bas au classement ce matin alors que les Flyers l’ont rejoint avec 52 points au classement et trois matchs en mains. Bientôt quatre, car pendant que le Canadien croisera les Sabres de Buffalo au Centre Bell mercredi, les Flyers seront en congé.
Le Canadien peut même dire merci aux Penguins pour leur victoire de 6-5 en temps réglementaire aux dépens des Sénateurs d’Ottawa, car avec un seul petit point, les Sens auraient repoussé le Canadien au 13e rang dans l’Est. Donc très loin des séries.
Parlant des séries, si on garde notre projection de 92 points pour y accéder dans l’Est – une projection timide considérant que les Penguins ont eu besoin de 98 points pour y arriver l’an dernier – le Canadien doit maintenant récolter 40 points lors des 31 prochaines rencontres pour s’offrir une chance de faire oublier les déboires qui s’accumulent depuis le début du mois de décembre. Ça veut dire qu’il ne peut pas perdre plus de 22 points d’ici la fin du calendrier régulier.
Tous à blâmer
Le pire dans tout ça, c’est que le Canadien n’a pas si mal joué à Philadelphie mardi soir.
Oui! On s’attendait tous à un bien meilleur départ du Canadien après la longue pause du Match des étoiles et surtout en raison de l’importance capitale du match. De tous ses matchs.
Le Canadien a failli à la tâche en laissant le premier trio des Flyers hacher finement sa défensive avec sa vitesse, avec ses passes rapides et brillantes, avec ses attaques incisives au but.
Mais alors que 99% de ses partisans se disaient que le match était déjà perdu, le Canadien est revenu. Il a nivelé les chances. Il aurait même pu gagner n’eût été cette attaque aussi bêtement passive de cinq minutes en fin de rencontre.
Sauf que ce but on l’attend encore. Et de la façon dont le Canadien joue, ou ne joue pas, on attendra ce but bien longtemps!
À qui la faute?
À bien du monde. À Pacioretty et Desharnais qui n’ont rien fait de bon à cinq contre cinq et en cinq minutes bien comptées en avantage numérique.
À Dale Weise qui lui aussi a passé cinq minutes à cinq contre quatre. Ce qui est sans l’ombre d’un doute un autre signe évident des ennuis du Canadien.
À Gallagher, Plekanec et Galchenyuk aussi.
À P.K. aussi qui, au-delà de tout ce qu’il fait de bien, doit absolument réduire le nombre de pertes de rondelle dont il se rend coupable sans oublier les feintes qu’il multiplie au lieu de simplement tirer au filet.
Les blâmes doivent être portés à l’ensemble des joueurs qui n’ont pas été fichus de marquer le but qui était nécessaire pour au moins sauver un point.
Et le coach?
Il est clair que Michel Therrien a soulevé une tempête de critiques lorsque Devante Smith-Pelly s’est retrouvé en désavantage numérique en première période. Le coach ne s’est pas aidé non plus lorsque DSP, Fleischmann et Eller ont passé 40 secondes sur la glace lors de la pénalité de cinq minutes décernée à Radko Gudas pour son coup de hanche dans les jambes de Lucas Lessio. Remarquez que les choses allaient alors tellement mal que l’entraîneur-chef pouvait se permettre de prendre une chance.
On en est rendu là avec le Canadien.
Les choses vont tellement mal qu’on doit maintenant prendre des chances avec la composition des trios, prendre des chances sur des joueurs des mineures afin de voir ce qu’ils ont dans le cœur, dans les jambes et dans les mains, prendre des chances lors des matchs.
Et qu’est-ce qui arrive quand on prend des chances et qu’on n’a pas les moyens de les maximiser? On perd. On perd souvent. On perd 20 fois dont 19 en temps réglementaire, lors des 25 derniers matchs.
Et tout indique qu’on perdra encore...
Entre les lignes
Je n’ai pas aimé la mise en échec de Radko Gudas aux dépens de Lucas Lessio. Ça me semblait bas et peut-être même dirigé vers les genoux. Cela dit j’ai été surpris de la volte-face des arbitres qui semblaient n’avoir rien vu de l’infraction initialement. En décernant une pénalité majeure, je crois que les officiels ont vu juste et que la LNH n’imposera pas de sanction supplémentaire. Cela dit, son geste devrait lui valoir un appel de « courtoisie » des responsables du bureau de la sécurité des joueurs...
Quoi dire de ce premier match de Lucas Lessio? Pas grand-chose, si ce n’est qu’avant d’être chassé du match par la mise en échec de Gudas, on avait pu relever sa vitesse, mais pas beaucoup plus. Mais bon, c’était son premier match dans l’uniforme du Canadien, son premier cette année dans la LNH et son 30e seulement dans la grande ligue...
Bien qu’il ait perdu encore hier et qu’il semblait par moments un brin voire deux perdu sur la patinoire, Mike Condon a permis à son équipe de demeurer dans un match que les Flyers auraient facilement pu mettre hors de portée bien avant le but de Matt Read dans un filet désert...
En regardant Wayne Simmonds hacher finement la défensive du Canadien et marquer deux des quatre buts des Flyers, je me demandais si ceux qui croyaient que ce serait trop cher payé d’offrir Galchenyuk aux Flyers en retour du solide et talentueux ailier droit avaient envie de réviser leur position...
La bonne nouvelle pour le Canadien c’est que le match le plus difficile des cinq qui les attendaient au retour de la pause du match des étoiles est passé. Après les Flyers, le Canadien reçoit ce soir, les Sabres de Buffalo avant de croiser Edmonton et la Caroline samedi et dimanche. Ça lui prend absolument six points lors des trois prochaines rencontres pour au moins demeurer dans le coup... Ou donner l’impression d’y être encore!