P.K. Subban a volé la vedette pour une deuxième partie de suite. Et pour une deuxième partie de suite ce n’était pas pour les bonnes raisons. Il a pris un risque démesuré qui a donné les devants 1-0 aux Jets dans un match qu’ils ont finalement gagné 4-2.
Jeudi à Los Angeles, P.K. s’est barré les pieds sur la ligne du centre offrant à Dwight King une échappée au terme de laquelle il a marqué. P.K. a plaidé sa cause comme il a pu. Lames mal affûtées, eau pas encore gelée sur la patinoire qui a ralenti la course de la rondelle et quoi encore.
Samedi, P.K. n’a pas cherché d’excuses. Il a assumé. Tant mieux. Car il n’y avait pas d’excuses à offrir. Tenter un grand tourniquet pour échapper à un adversaire en territoire défensif, quand il n’y a personne pour te protéger à part le gardien, c’est dangereux. Il faut vraiment chercher le trouble pour en tenter un deuxième tout de suite après.
C’est ce que P.K. a fait et sans surprise, le trouble lui est arrivé au visage alors que Mark Scheifele a hérité de la rondelle pour filer seul vers le filet du Canadien alors que Subban, étendu sur la glace, l’a regardé impuissant. Comme jeudi à Los Angeles, P.K. a eu une vue imprenable sur le but marqué aux dépens de Mike Condon.
P.K. aime prendre des risques. On peut le comprendre parce qu’il a le talent pour prendre des risques et les transformer en gloire. Il a aussi le talent pour racheter ses erreurs. Mais il y a des moments ou un joueur, aussi bon, talentueux et spectaculaire soit-il doit comprendre que ce n’est ni le moment ou les circonstances pour prendre de tels risques.
Et quand il n’y a personne d’autre que le gardien derrière toi, surtout si ce gardien n’est pas Carey Price, mais un adjoint à sa première année dans la LNH ou un adjoint d’adjoint qui n’a plus vraiment sa place dans la LNH, ce n’est pas une bonne idée de tenter un jeu à haut risque. C’est même une très mauvaise idée.
De fait, ces jeux de jeudi à Los Angeles et de samedi à Winnipeg sont bien pires que sa bévue en fin de match au Colorado qui a coûté un autre revers au Canadien. Car en fin de match au Colorado, Subban a tenté un grand coup pour propulser son club vers la victoire. Et il n’était pas seul contre la terre. Ses coéquipiers étaient derrière lui pour prendre la relève au cas où. Et comme on l’a souvent analysé, ces coéquipiers ont été aussi fautifs que lui sur le but gagnant concédé à l’Avalanche bien que l’erreur initiale était de la responsabilité de Subban.
Jeudi à Los Angeles et samedi à Winnipeg P.K. est le seul responsable. Le seul coupable. Il l’a admis et c’est très bien ainsi.
Mais à tous ceux, et vous êtes nombreux, qui dénonciez avec véhémence l’exclusion de la liste initiale d’Équipe Canada en vue de la prochaine Coupe du monde, il faudra vous rappeler des jeux brouillons de P.K. dont les Kings et les Jets ont profité pour marquer si jamais votre idole est finalement boudée par l’état-major. Car c’est en raison de risques courus lors de ces deux parties et surtout leurs conséquences que P.K. ne fait pas l’unanimité.
Galchenyuk explose
Au-delà la défaite encaissée à Winnipeg, au-delà le fait que le Canadien n’a récolté qu’un point sur les huit à l’enjeu dans sa virée amorcée en Californie et complétée au milieu des prairies, au-delà « LE » jeu qui a assombri la soirée de travail de Subban, il a de quoi se réjouir de la rencontre de samedi.
Et non je ne parle pas de la descente au classement qui rapproche le Canadien d’une meilleure sélection possible lors du prochain repêchage.
Je parle d’Alex Galchenyuk. De la performance d’Alex Galchenyuk qui panse bien des plaies. Je devrais écrire des performances de Galchenyuk, car s’il est vrai qu’il a marqué deux buts samedi – une quatrième sortie de deux buts à ses 11 derniers matchs et un cinquième coup double cette année – le joueur de l’heure chez le Canadien est rendu à sept buts à ses six derniers matchs. Il est a rendu à 11 à ses 17 dernières parties alors qu’il s’était « contenté » de 10 lors des 49 premières rencontres cette saison.
En feu Galchenyuk? Mettez-en! Car non seulement marque-t-il a profusion, mais il le fait dans des conditions difficiles comme en témoigne le fait qu’il ait marqué quatre des six derniers buts de son équipe (en trois matchs) et sept des 16 derniers (en six parties).
Ce n’est pas rien. En fait, c’est énorme.
Enfin au centre, enfin utilisé à profusion
Et le plus beau de l’affaire, c’est que samedi à Winnipeg on a finalement vu Galchenyuk au centre de Max Pacioretty et Brendan Gallagher au sein d’un trio qui devrait être le trio numéro un du Canadien. En raison d’une vilaine chute de Gallagher en première période – chute qui l’a contraint à quitter la partie – on n’a pas vu ce premier trio assez longtemps.
Mais au moins, on a vu Galchenyuk au centre, en compagnie de Pacioretty. Et Pacioretty s’est fait complice des deux buts de Galchenyuk. Un complice direct sur le premier filet alors que le capitaine a rejoint un Galchenyuk oublié dans l’enclave pour lui servir son 20e but de l’année. Un complice indirect alors que Galchenyuk a fait dévié un tir frappé puissant et bas de Greg Pateryn pour enfiler son deuxième but du match et 21e de l’année.
En passant, je n’insulterai pas votre intelligence ou ne me transformerai par en « fan-alyste » en tentant de vous faire croire que Galchenyuk a fait preuve d’un grand synchronisme pour faire dévier le tir de Pateryn. Il n’a jamais eu le temps de bouger. Mais sur ce jeu, Galchenyuk a prouvé qu’il n’est pas seulement capable de marquer en combinant sa vitesse et la qualité de son tir, il a prouvé qu’il avait le flair, mais surtout le courage la détermination nécessaire pour se rendre d’en enclave afin de se battre pour une position, de la défendre avec le bâton bien appuyé sur la glace pour s’offrir la chance de rediriger un tir. C’est ce qui a mené à ce but (21e) qui lui a permis d’établir un nouveau sommet personnel en carrière.
Un sommet qu’il dépassera sans l’ombre d’un doute l’an prochain, et l’autre année après, ainsi de suite jusqu’à ce qu’il oscille entre une production de 30 à 40 buts par année comme on devrait être en droit de s’attendre de sa part.
Je ne sais pas si c’est comme ailier ou comme centre que Galchenyuk atteindra ce rythme de croisière. Pour bien des motifs – coup de patin explosif qui lui permet de battre des défenseurs de vitesse en les contournant le long des bandes, tir puissant, vif et précis, instinct de marqueur plus que vision de passeur – je crois davantage qu’il est ailier que centre. Mais peu importe la conclusion, Galchenyuk doit jouer. Il doit jouer beaucoup. Il doit obtenir plus de temps d’utilisation et du temps d’utilisation de meilleure qualité qu’il en a obtenu depuis le début de la saison.
Alors si je me suis réjoui de voir enfin Galchenyuk au centre d’un vrai premier trio – je l’ai demandé tellement souvent cette année qu’il y a de quoi se réjouir – je me suis réjoui davantage de voir qu’il avait dépassé le plateau des 20 minutes d’utilisation samedi à Winnipeg.
Un plateau qu’il a atteint pour la troisième fois seulement cette année. Et pour la toute première fois, c’est lui qui a été l’attaquant le plus utilisé.
Et c’est tant mieux. Car oui, le temps est aux expériences chez le Canadien. Aux auditions qu’on accorde aux jeunes et aux très jeunes afin de voir où ils sont rendus dans leur développement. Où ils cadreront au sein de l’équipe l’an prochain, dans deux ans, dans trois ans.
Mais il y a d’autres expériences à tenter. Des expériences tout aussi importantes qui auront un impact direct sur l’avenir immédiat du Canadien.
Car avant de déterminer ce qu’il faudra faire des Desharnais, Eller et Plekanec pour restructurer les deux premiers trios, avant de déterminer s’il faut bâtir autour de Galchenyuk ou s’en servir comme gros morceau à sacrifier pour mettre la main sur LE gros joueur de centre qui fait tant défaut au Canadien depuis si longtemps, avant de déterminer si cet appât n’a pas plutôt comme nom Pacioretty, il faut donner la chance à Galchenyuk d’offrir un réel portrait de ce qu’il peut offrir dans tous les aspects de son jeu.
Mais pour ça, on doit le faire joueur, le faire jouer beaucoup, le faire jouer partout s’il le faut, mais le faire jouer avec les meilleurs et dans les meilleures circonstances possible.
On dirait que ce sont les intentions de l’état-major du Tricolore. Il ne reste qu’à souhaiter que ça se prolonge jusqu’à la fin de la saison.