jeudi 31 mars 2016

Alex Chiasson dénoue l'impasse pour les Sénateurs

http://www.rds.ca/hockey/lnh/

Sénateurs 2 - Jets 1


WINNIPEG - Alex Chiasson et Zack Smith ont marqué alors que les Sénateurs d'Ottawa ont mis fin à une série de quatre revers sur des glaces étrangères, battant les Jets 2-1 à Winnipeg.

Chiasson a dénoué l'impasse à mi-chemin en troisième période, obtenant son huitième but de la saison.
Malgré la victoire, les Sénateurs sont officiellement éliminés de la course aux séries. En raison du gain des Flyers face aux Capitals, Ottawa a vu ses derniers espoirs s'envoler.
C'est donc dire que pour la deuxième fois de l'histoire de la LNH, il n'y aura pas d'équipe canadienne en séries, l'autre fois étant lors de la saison 1969-1970.
Andrew Hammond a stoppé 20 tirs pour les Sénateurs, qui n'avaient pas gagné à l'étranger depuis le 5 mars, à Toronto.
Ottawa n'a jamais perdu en six rencontres au MTS Centre.
Le but des Jets a porté les séries de matches avec au moins un point de Mark Scheifele et Blake Wheeler à cinq et six matches, respectivement.
Wheeler a récolté une passe sur le but de Scheifele, qui domine les Jets avec 26 filets. Michael Hutchinson a fait 17 arrêts dans une cause perdante.

Perspective juridique sur les commotions

http://www.rds.ca/hockey/lnh/

David Koci et Derek Boogaard
David Koci et Derek Boogaard. (Source d'image:Getty)
ME MARIANNE SAROLI
MERCREDI, 30 MARS 2016. 17:59

Des courriels échangés entre certains hauts dirigeants de la LNH ont été rendus publics cette semaine par une cour fédérale américaine. L'un de ces courriels a été rédigé par l’adjoint au commissaire Bill Daly et trace un lien entre les combats au hockey et les commotions cérébrales, la dépression et les tragédies personnelles. Le courriel de Daly a été envoyé en septembre 2011, suivant les décès de Derek Boogard, Rick Rypien et Wade Belak.
Ces courriels font partie de la preuve déposée au dossier de la Cour relativement à la poursuite sur les commotions cérébrales intentée par d'anciens joueurs de la LNH. Il appert de ces courriels que la LNH était au courant des risques des bagarres et des commotions cérébrales sur la santé mentale de ses joueurs depuis plusieurs années. Ces courriels impliquent également le commissaire Gary Bettman et l’ancien directeur du département de sécurité des joueurs, Brendan Shanahan.
Mise en contexte
Rappelons que cette poursuite avait été intentée en novembre 2013 après qu'un jugement ait permis de verser plus de 700 millions de dollars US à 4500 anciens joueurs de la NFL à la suite d'une plainte similaire. Cette poursuite compte maintenant environ 100 anciens joueurs, lesquels demandent une compensation pour les traumatismes et les problèmes cognitifs permanents liés aux commotions cérébrales.

Les échanges de courriels entre plusieurs dirigeants de la LNH avaient été au cœur d'une bataille judiciaire en décembre dernier pour déterminer si les médias et le public avaient le droit de connaître les propos tenus par la LNH quant à la violence au hockey et les coups à la tête. Jusqu'à présent, plus de 2,5 millions de pages ont été déposées au dossier de la Cour. La LNH a notamment demandé que les échanges de courriels restent confidentiels alléguant que leur publication pourrait porter atteinte à sa capacité de maintenir et de bâtir des relations avec des partenaires commerciaux et pourrait compromettre son statut, mais les procureurs des demandeurs s'y sont opposés.
Or, la grande majorité de ces documents étaient jusqu'à ce jour scellés par une ordonnance du tribunal à la demande de la LNH. Toutefois, une demande visant la publication de certains de ces documents a été récemment accueillie par la juge Susan Richard Nelson du district du Minnesota. De telle sorte que les documents sont maintenant rendus publics.
Fondement de la poursuite de novembre 2013
Fondamentalement, ce que l’on reproche à la LNH dans cette poursuite est qu’elle connaissait ou plutôt qu’elle aurait dû connaître les conséquences néfastes des commotions cérébrales sur ses joueurs et qu’elle aurait caché délibérément ces informations au lieu de les protéger ou de les avertir. Dans le cadre de ce recours collectif, les demandeurs soutiennent que la LNH a contribué à l’augmentation des commotions cérébrales sur la glace en refusant et/ou en négligeant de dénoncer les vrais risques qui y sont associés lorsqu’elles sont subies de manière répétitive. En l’espèce, les demandeurs prétextent que la LNH a refusé d'aborder cette question, et ce, malgré un nombre croissant d'études médicales établissant un lien entre les commotions cérébrales et les dommages subséquents au cerveau. Bien qu’un joueur doit se prêter à la pratique de son sport en toute connaissance de cause, il importe de comprendre que cette poursuite-ci est ultimement fondée sur l’omission délibérée de la LNH d’informer sur les effets nuisibles des commotions cérébrales.
Pourquoi la publication de ces courriels peut avoir une incidence sur le dossier des commotions cérébrales au sein de la LNH?
D'une part, la publication de ces courriels peut avoir une incidence sur la poursuite, car ils confirment certaines prétentions contenues à la requête des demandeurs. Ces courriels seront donc utiles pour démontrer l'état d'esprit des dirigeants de la ligue.
D'autre part, n'oublions pas que ce qui est reproché à la LNH dans cette affaire est qu’elle aurait manqué à son obligation d'information et de sécurité envers ses joueurs. Ainsi, la publication de ces courriels peut avoir une incidence sur le dossier, car ils remettent en doute le respect de l'obligation de sécurité par la LNH. Cette obligation de sécurité impose non seulement à la LNH d’instruire ses joueurs sur les dangers inhérents au hockey et sur les techniques préventives d’accidents, mais aussi d'anticiper les risques reliés à la pratique de ce sport.
À ce titre, les demandeurs se plaignent d’avoir été exposés à des dangers inutiles qu'ils auraient pu éviter, sachant que la LNH tolère les bagarres au hockey. Même si la LNH a renforci sa règlementation en interdisant notamment les coups à la tête en 2010, elle ne prohibe toujours pas à ce jour les bagarres[i]. Les demandeurs prétendent ainsi que la tolérance des bagarres peut inciter la survenance de commotions cérébrales chez ses joueurs. Par conséquent, la publication de ces courriels peut avoir une incidence sur la poursuite, car ils démontrent que certains dirigeants de la LNH préfèrent promouvoir la violence plutôt qu'encourager des stratégies de prévention.
Nuances sur l'impact de la publication de ces courriels sur la poursuite
N'oublions pas que le fondement même de la poursuite est que la LNH aurait délibérément caché des informations à ses joueurs. À ce titre, les courriels ne démontrent pas que la LNH a caché sciemment les conséquences néfastes des commotions cérébrales sur ses joueurs. En fait, le courriel provenant de Daly émet une opinion sur une possible relation entre les combats au hockey et les commotions cérébrales. Il n'y a là aucune admission sur une omission délibérée de la part de la LNH.
Également, il important de préciser qu'il s'agit ici d'un dossier de responsabilité civile. Bien que les dommages subis par les joueurs soient bien tangibles, il n’en demeure pas moins que pour établir la responsabilité de la LNH, il faudra démontrer une négligence de sa part. Relier le dommage subi au comportement reproché n'est pas en soi suffisant, car il doit exister une causalité entre la faute et le dommage. Pour ce faire, il faudra démontrer que les lésions cérébrales subies par les joueurs ont été causées au cours de leur carrière dans la LNH. Comme l’athlète a joué au hockey avant de joindre la LNH, il peut être difficile de cerner la cause exacte du préjudice. Cela dit, l’obligation de sécurité de la LNH est intimement liée à son obligation d’instruire sur les dangers inhérents au hockey et sur les techniques préventives des risques d’accident. Dans la mesure où elle démontre qu’elle a honoré ses obligations et que les études à cet effet ont été dévoilées, la LNH pourra dégager sa responsabilité.
La publication de ces courriels peut certes avoir une incidence sur le dossier en cours, mais est-ce suffisant pour établir une faute de la part de la LNH? Il faut comprendre que le comportement de la LNH doit représenter un réel manquement et non un simple reproche. D'un point de vue juridique, démontrer que la LNH avait caché l'information à ses joueurs de manière délibérée est une tâche ardue. La LNH en tant qu'employeur a une obligation de démontrer qu'elle a pris les mesures nécessaires pour prévenir ses employés de blessures inutiles. Si effectivement la LNH a dissimulé volontairement les risques associés aux commotions cérébrales à ses joueurs, les joueurs ont un bon dossier. Cela dit, cette preuve sera excessivement difficile à faire. Qui savait quoi et quand? Seul un examen exhaustif de la preuve nous dira.
Évidemment, la publication de ces courriels aura une incidence certaine sur l'opinion publique relative à la pratique du hockey. Il y aura sans doute d'autres joueurs qui se joindront à ce recours collectif prochainement. Toutefois, d'un point de vue juridique, ces courriels ne constituent pas des preuves concluantes pour démontrer que la LNH a effectivement caché volontairement des informations à ses joueurs. Cela dit, la LNH reçoit une attention indésirable par la publication de ces documents. De telle sorte que plus le dossier progressera, plus il se médiatisera, plus la LNH songera à régler hors cour.
[1] Les efforts déployés par la LNH :
En 1994, alors commissaire de la NFL, Paul Tagliabue a créé le Mild Traumatic Brain Injury Committee, lequel était composé de médecins et d’entraîneurs de la NFL. Ce comité avait pour but de faire progresser les connaissances scientifiques sur les lésions cérébrales survenues au football. Or, il a produit une série de documents minimisant, voire rejetant les risques de ce sport en ce qui a trait aux commotions cérébrales. En fait, plusieurs reprochent que le comité aurait ignoré des preuves scientifiques indépendantes qui suggéraient une corrélation entre des coups à la tête assénés lors d’un match de football et les dommages subséquents au cerveau à long terme, dont les maladies neuro-dégénératives comme l'encéphalopathie traumatique chronique.
Trois (3) ans suivant la formation du comité de la NFL, la LNH a, à son tour, créé son propre programme relatif aux commotions cérébrales, et ce, afin de mieux comprendre les traumatismes crâniens qui se produisent au hockey. Entre 1997 et 2004, les équipes devaient tenir des registres comptabilisant les commotions cérébrales chez ses joueurs et aussi leur administrer des tests neuropsychologiques. Toutefois, les demandeurs reprochent que le susdit comité n'a émis aucun rapport avant 2011, soit 14 ans après sa création. Le rapport de 2011 discutait de l’incidence des commotions cérébrales dans la LNH jusqu’à la saison 2004 seulement, mais n'a pas dévoilé publiquement les effets à long terme associés aux commotions cérébrales. De plus, les demandeurs allèguent que la LNH prétendait que son programme était indépendant de la ligue alors qu’elle comptait parmi ses experts des médecins et des chercheurs directement affiliés à la LNH. Ce pourquoi, les demandeurs précisent que la ligue n'a pas exactement agi avec un sentiment d'urgence. Ils estiment que la LNH a la prétention d'avoir un groupe d'étude sur les commotions, mais qu’il est inexplicable que ce groupe ait pris quatorze (14) années avant de produire un seul document à ce sujet.
Conformément à la requête, la LNH aurait changé en 1996 la vitre de protection souple dans les arénas à une vitre rigide, et ce, malgré les plaintes des joueurs à l’effet qu’une vitre rigide équivalait à frapper un mur de briques. Au retour du lockout en 2005, la LNH a modifié ses règles, notamment en pénalisant les accrochages, les obstructions et les retenues. Ce faisant, le jeu est devenu plus rapide. À ce titre, ce que reprochent les demandeurs est que ce changement signifie aussi qu'il y avait plus de collisions à grande vitesse sur la patinoire. Pour justifier leurs propos, les demandeurs allèguent que de 1997 à 2008, une moyenne de 76 joueurs par année a subi une commotion cérébrale sur la glace. Notons que pour la saison 2011-2012, 90 joueurs ont subi une commotion cérébrale sur la glace.
Ce n’est pas avant 2010 que la LNH a modifié ses règles de manière significative, et ce, dans un but ultime de réduire les traumatismes cérébraux chez ses joueurs, sanctionnant les plaquages dans la bande (article 41) et les coups intentionnels à la tête (article 48) et en exigeant désormais que des médecins et non des entraîneurs réalisent les évaluations reliées aux commotions cérébrales.
Rappelons qu’en 2011, la LNH a créé un département de la sécurité, Department of Player Safety, qui veille à la protection adéquate dans l’équipement et dans l’environnement physique de ses joueurs. De plus, ce département analyse les règlements pour voir s’il y a lieu de les renforcir, et ce, afin d’améliorer la sécurité de ses joueurs. Au cours de la même année, la LNH avait mis en place un système qui avait pour but de soutenir et d’éduquer les équipes sur comment elles doivent procéder avec les joueurs victimes de traumatismes cérébraux. Par l’institution de ce système, la LNH exige désormais à tout joueur présentant des signes et des symptômes d’une commotion qu’il soit retiré du jeu et examiné par un médecin et un thérapeute. Une fois le joueur dans le vestiaire, il doit être examiné par le professionnel médical, lequel réalise une évaluation afin d'observer si le joueur est alerte et disposé à retourner sur la patinoire.
Pour le moment, la règlementation de la LNH relativement aux bagarres est pour le moins perplexe en ce qu’elle réprimande les combats sur glace par des sanctions, mais en même temps les tolère indirectement. Quoi qu’il en soit, certaines règles quant à la sécurité et à la protection des joueurs ont été renforcies au cours des dernières années. À sa règle 46.1, la LNH indique qu’un combat survient lorsqu'un joueur donne des coups à un adversaire à plusieurs reprises ou lorsque deux joueurs luttent de telle sorte qu'il est difficile pour les juges de lignes d'intervenir. Au-delà de la définition même du combat, la LNH impose sa propre explication de ce qu'est un agresseur aux termes de sa règle 46.2, lequel est décrit comme un joueur qui persiste à donner des coups afin de punir son adversaire qui est en position d'infériorité ou qui refuse de se mêler au combat. Dans un même ordre d'idées, tout joueur, qui continue un combat après qu'il ait été ordonné par l'arbitre de cesser ou qui résiste à un juge de lignes, sera fautif et recevra une punition pour mauvaise conduite. De ce fait, la LNH réprimande les combats par le biais de sa règle 46.14, laquelle impose une pénalité majeure à tout joueur impliqué dans un combat. Quant à elles, les règles 46.17 à 46.22 infligent en plus des pénalités des amendes, et ce, dépendamment de la gravité des combats et du nombre de fois qu'un même joueur se trouve engagé dans un combat. De manière plus efficace, la LNH interdit depuis la saison 2011-2012 les coups à la tête à sa règle 48. Un coup à la tête constitue une infraction conformément à la réglementation de la LNH, mais il est permis dans la mesure où il est donné dans le cadre d’une bagarre.