LOS ANGELES - Brad Marchand est l’un des joueurs les plus détestés de la LNH.
Pour l’ensemble de son œuvre, la petite peste des Bruins est certainement l’ennemi numéro un des partisans du Canadien. Il l’est devenu à Detroit également la semaine dernière après la jambette qu’il a servie au défenseur Niklas Kronwall qui s’est retrouvé cul par-dessus tête après le coup sournois de l’ailier gauche des Bruins.
Un geste sournois, dangereux et grossièrement illégal pour lequel Marchand n’a eu qu’à débourser une amende de 10 000 $. La sanction de la LNH a été très clémente. Celle de l’opinion publique beaucoup moins alors que Marchand s’est une fois encore retrouvé au pilori, lapidé d’insultes et de critiques.
Des insultes et des critiques qui ont effacé tout ce que l’ailier des Bruins a accompli de bon au cours des dernières années afin de redorer son image autour de la LNH et non seulement à Boston où il est adulé.
Marchand a donné un grand coup l’automne dernier alors qu’il a inscrit cinq buts et récolté huit points en six parties disputées au sein du premier trio d’Équipe-Canada en compagnie de Sidney Crosby et Patrice Bergeron.
Au même titre que ses compagnons de trio et du gardien Carey Price, Marchand a joué un rôle de premier plan dans la conquête de la médaille d’or. Il l’avait fait aussi le printemps dernier au Championnat du monde sans oublier ses deux médailles d’or obtenues aux Championnats du monde de hockey junior en 2007 et 2008. Des titres qui confirment qu’un excellent joueur de hockey se cache sous le personnage belliqueux et salaud qui a refait surface lors du dernier match opposant les Bruins aux Red Wings.
«Je ne suis pas fier du geste que j’ai posé. C’était une bêtise. Mais une bêtise commise dans la cadre d’un match alors que tu n’as parfois qu’une seconde à peine pour prendre une décision. Dans ce cas-ci j’ai pris une très mauvaise décision et j’en suis bien conscient. Je suis un joueur très émotif. Je dois trouver une façon de mieux canaliser ces émotions afin de les mettre au service de mon équipe plutôt que de les laisser me guider vers des gestes comme ceux qu’on me reproche», a plaidé Marchand lors de la rencontre de presse de samedi en marge du Match des étoiles.
Joueur marqué
Marchand reconnaît qu’il est un joueur marqué. Avec raison. Cette réputation qu’il a créée et maintenue au fil des saisons avec des gestes illégaux qui lui ont valu des suspensions et le titre peu enviable de récidiviste aux yeux du préfet de discipline de la LNH est difficile à effacer.
«Je suis prêt à admettre mes torts et à admettre de je dois modifier mon approche. En même temps, je peux disputer 81 matchs sans le moindre geste illégal et personne n’en parlera alors qu’on me cataloguera de joueur salaud si j’ai un écart de conduite lors du 82e match. Ce n’est pas évident. Je ne m’en plains pas. C’est ma réalité. Mais des fois les critiques sont exagérées», a ajouté Marchand.
Dans le cas de la jambette aux dépens de Kronwall, les critiques sont loin d’être exagérées. Marchand le reconnaît. Il reconnaît aussi avoir été un brin ou deux chanceux de s’en être tiré avec une simple amende au lieu de faire l’objet d’une suspension d’une ou quelques rencontres. Suspension qui aurait pu mettre en péril sa participation au Match des étoiles.
Un Match des étoiles où Marchand mérite de jouer en dépit de sa mauvaise réputation comme en témoignent ses 21 buts et 49 points récoltés en 52 matchs cette saison et ses 37 buts et 61 points amassés l’an dernier en 77 rencontres.
Mais en plus de patiner avec les meilleurs joueurs du circuit au Staples Center, Marchand a dû s’astreindre à une rencontre avec des membres du bureau de la sécurité des joueurs qui avaient une série de mises en garde à lui servir. Les prochaines semaines permettront de voir si le message a été reçu et compris, et de voir aussi si les intentions de Marchand de prendre de meilleures décisions sur la patinoire étaient, ou non, de simples promesses en l’air.
Appui à Claude Julien
Débarqué à Los Angeles en compagnie de son coéquipier et gardien Tuukka Rask, Brad Marchand assure que les demandes du congédiement de Claude Julien à la barre des Bruins sont plus injustes encore que certaines des critiques avec lesquelles il doit composer.
« Claude est l’un des meilleurs entraîneurs-chefs de la LNH. Nous connaissons une saison décevante, c’est vrai, nous sommes incapables d’aligner des victoires, mais ce n’est certainement pas imputable au travail de Claude. Il nous prépare très bien et le groupe de joueurs est bien plus que lui responsable des ennuis que nous connaissons. Nous avons disputé beaucoup de matchs. La pause des étoiles fera du bien. Et nous aurons aussi bientôt notre semaine de congé. Je suis confiant que tout cela nous aidera à reprendre notre souffle et à trouver une façon d’offrir de meilleures performances sur une base plus régulière. »