mercredi 11 janvier 2017

Radulov déteint sur le capitaine

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Alexander Radulov et Max Pacioretty
Alexander Radulov et Max Pacioretty (Source d'image:Getty)
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Le duo Pacioretty-Radulov, fort bien secondé par l’étonnant Phillip Danault, a connu une soirée tranquille à la maison contre les Capitals de Washington, ce qui nous incite à revenir sur l’importance de leur contribution offensive depuis que le tiers de l’équipe occupe l’infirmerie.
Pacioretty a pleinement assumé son rôle de capitaine en redevenant le pivot offensif qui a fait de lui l’un des attaquants les plus productifs de la ligue au cours des cinq dernières années. D’une façon réaliste, cependant, son réveil, précédé d’un inquiétant début de saison, n’aurait pu se faire grâce à l’unique contribution de Danault.
Si Alexander Radulov avait trouvé en Alex Galchenyuk le partenaire idéal pour danser, il en a fait autant avec Pacioretty. On était plutôt inquiet quand on a appris que Galchenyuk serait absent durant plusieurs semaines. La chimie était telle entre les deux Russes qu’on anticipait une baisse de régime du côté de Radulov. Or, si le puissant ailier droit avait contribué à donner à Galchenyuk des airs de premier centre, il a été également très impliqué dans l’explosion soudaine de Pacioretty.
Ce qui fait très certainement de Radulov l’un des éléments essentiels du Canadien cette saison. Ça ne pourrait pas être plus évident dans un moment où Marc Bergevin doit soupeser son avenir avec l’équipe. Pour le directeur général, la question n’est pas uniquement de savoir s’il doit garder Radulov à son service. Il doit déterminer combien d’argent il a en banque pour lui et le nombre de saisons au cours desquelles il est prêt à s’engager avec lui.
C’est facile pour le partisan d’affirmer que Bergevin doit absolument lui accorder un contrat, peu importent les conditions, mais le patron de l’équipe doit analyser l’avenir de l’organisation beaucoup plus loin que les trois ou quatre prochaines saisons.
Six membres réguliers de l’équipe terminent leurs ententes, dont Andreï Markov (5,7 M$), Galchenyuk (2,8 M$) et Radulov (5,7 M$). On n’imagine pas Bergevin proposer une diminution salariale à Markov et Radulov tandis que la prochaine rémunération de Galchenyuk va donner tout un coup dans le porte-feuille de l’équipe. Ajoutez à ces trois négociations celle de Carey Price, qui devra s’amorcer dès les premières secondes du premier juillet, et qui pourrait lui rapporter près du double des 6,5 millions qu’il touche en ce moment.
Bergevin avait le loisir d’accorder un contrat à Radulov dès le premier janvier. Il ne l’a pas fait. On est tous d’accord qu’il ne doit pas attendre que le Russe commence à évaluer ses chances d’obtenir plus d’argent ailleurs avant d’agir. Ou Bergevin négocie actuellement en catimini avec son agent, comme il aime le faire avec chacun de ses joueurs, où il s’accorde encore un peu de temps pour s’assurer que le Radulov, cuvée 2017, n’a rien de commun avec l’athlète qui a fait faux bond aux Predators de Nashville en deux occasions.
L’émotion et la passion ne sont pas des facteurs qu’on affiche uniquement pour épater la galerie. Un athlète ne peut pas faire semblant très longtemps d’en être animées. De la passion, on en a ou on n’en a pas. Radulov semble être exactement ce qu’il avait annoncé lors de sa première rencontre avec Bergevin et ce qu’il avait répété lors de son premier point de presse à Montréal. Il avait clamé énergiquement son intention de saisir la dernière chance qu’on lui offrait de terminer sa carrière dans la Ligue nationale. Il se comporte souvent comme un enragé en tentant de le démontrer.

J’ignore si le directeur général a pris connaissance des propos que Pacioretty a tenus devant le journaliste Marc-Antoine Godin, de La Presse, il y a quelques jours au sujet de Radulov. Le premier franc-tireur de l’équipe ne l’a sûrement pas fait dans cette intention, mais sa déclaration semblait vouloir dire que Radulov ne doit pas évoluer ailleurs qu’au Centre Bell durant les prochaines années. Il a rendu son compagnon de trio responsable du fait qu’il soit lui-même de retour sur les rails. Mieux encore, il le crédite d’un changement important qui est survenu dans son jeu.
Voici ce que Pacioretty a raconté au collègue de La Presse: « J’ai eu une présence en deuxième période à Dallas qui n’a ressemblé à aucune autre de mes présences en neuf ans de carrière. Je me sentais comme Radu par ma façon de protéger la rondelle, d’effectuer des feintes dans les coins de la patinoire et de faire une passe. Je n’ai jamais joué comme ça dans ma vie. Il n’était même pas sur la glace avec moi, mais à force de le voir se conduire de cette façon, on dirait qu’il m’a incité à ajouter une nouvelle facette à mon jeu. Et je sens que plusieurs coéquipiers jouent de la même manière en raison de son influence ».
Quel plaidoyer en faveur de Radulov! Pacioretty n’est pas le type d’homme à s’exprimer à la première personne avec autant de conviction. Rarement a-t-il disséqué avec une telle précision la contribution d’un membre de son équipe. Pas de doute, le style de Radulov déteint sur celui de son capitaine.
Personnellement, j’étais de ceux qui pensaient que Radulov mettrait toute la gomme cette saison dans le but premier de mériter un contrat à long terme, mais je le crois aujourd’hui sincère, très heureux d’être avec le Canadien et de vouloir y rester. Il semble bien dans sa peau. On le sent animé d’un profond désir de gagner. Quand son comportement va jusqu’à inspirer le capitaine, ça ne peut pas être du chiqué. Bergevin, qui a l’oeil clair et le nez fin, l’a sans doute remarqué, lui aussi.
Ne reste plus qu’à amorcer une sérieuse discussion de contrat, ce qui est peut-être déjà fait. Pour paraphraser le maire de Montréal au sujet des Expos, la question n’est pas de savoir si Radulov sera de retour. C’est de savoir à quel prix et pour combien de temps il le sera? Si Bergevin est convaincu qu’il est une pièce maîtresse dans son intention de gagner éventuellement la coupe Stanley, il trouvera bien une façon de le garder.
Un bel hommage à Morel
La ville de La Tuque vient de rendre un bel hommage à l’ex-arbitre de la Ligue nationale, Denis Morel, en donnant son nom à l’aréna local. Morel, qui a officié plus de 1 200 parties, deux finales de la Coupe Stanley et autant de matchs des étoiles, est né à Québec, mais il a passé son enfance et son adolescence dans cette ville de la Mauricie. Il y a enseigné l’éducation physique pendant deux ans avant d’aller vivre une grande aventure sur les glaces de la Ligue nationale.
L’honneur lui a été rendu par le maire Normand Beaudoin qui l’a assuré qu’aucun nom de commanditaire ne viendra chapeauter le sien sur la façade du Colisée Denis Morel. Il lui a précisé que son nom vaut plus cher à ses yeux que n’importe quelle association avec un commanditaire. Cette remarque l’a beaucoup touché.

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