MONTRÉAL – Pascal Laberge n’attend pas d’excuses. Il n’en recevra sans doute jamais.
Plus de trois mois ont passé depuis que la tête de l’attaquant des Tigres de Victoriaville s’est retrouvée dans la mire de Zachary Malatesta, et toujours rien. Pas de coup de téléphone, pas de poignée de main repentante.
« Je pense qu’il est peureux. Il pose des gestes comme ça, mais il n’est pas capable de répondre de ses gestes. »
Mais qu’importe, tout cela appartient au passé, insiste Laberge.
Si ce dernier dit avoir tourné la page sur l’incident qui a mis sa saison sur pause pendant 19 rencontres, il en traîne néanmoins toujours les conséquences.
 « Je travaille fort, mais c’est sûr que je ne suis pas comme si ça faisait deux mois que je joue », concédait-il récemment lors du passage des Tigres à Boisbriand.
Avec 3 buts et 10 passes en 16 rencontres jouées depuis son retour au jeu définitif le 8 décembre dernier, Laberge parvient certes à s’inscrire sur la feuille de pointage, mais un fait demeure, Pascal Laberge n’est pas encore redevenu Pascal Laberge.
« Les gars ont joué pendant deux mois, alors que moi je ne faisais que m’entraîner. C’est sûr que j’en ai perdu un peu sur le plan de l’exécution, mais je travaille fort à essayer de revenir à mon 100 % d’ici la fin de la saison », ambitionne-t-il.
« Sur le plan de la santé, il est à 100 %. Il continue de retrouver ses repères sur la patinoire », confirme son entraîneur-chef Louis Robitaille.
Un moindre mal, quand on considère la violence du choc dont a été victime Laberge le 15 octobre dernier.
Vicieux coup à la tête de Zachary Malatesta
« Ç’a fessé fort »
Visionner la reprise vidéo donne encore froid dans le dos.
Alors que Laberge s’apprêtait à récupérer une rondelle libre le long de la rampe pour amorcer une sortie de zone, il était loin de se douter que son assaillant des Wildcats de Moncton filait vers lui à vive allure, le coude bien haut.
« Ç’a fessé fort », résume Laberge, préférant ne pas trop s’étendre sur le sujet qui a déjà beaucoup fait jaser au fil d’une absence qui a duré près de deux mois.
« C’est sûr qu’il y a des endroits sur la glace où j’étais plus craintif [au début], mais ça va mieux », assure-t-il, déterminé à retrouver toute son aisance sur la patinoire.
« Après un traumatisme aussi sévère, c’est normal de jouer avec un petit peu de crainte », excuse Robitaille, qui tâche donc de placer son jeune protégé dans de meilleures dispositions afin de favoriser un retour en force.
« Ces temps-ci, on joue à deux lignes et demie en raison des blessures, alors il est utilisé à toutes les sauces. Mais je l’ai aussi remis au centre pour qu’il ait un peu plus de support en possession de rondelle et qu’il puisse se promener avec [la rondelle] un peu plus. On veut qu’il touche plus à la rondelle », explique l’entraîneur-chef recrue, nullement inquiet.
« Pour un joueur offensif comme lui, ça ne prend parfois qu’un petit déclic pour que ça aille encore mieux. »