vendredi 3 février 2017

Des points gaspillés!

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Images of Francois Gagnon

Au lieu de profiter de l’élan généré par la victoire sans appel aux dépens des Sabres samedi, le Canadien s’est écrasé à Philadelphie contre les Flyers.
Difficile à comprendre que vous dites?
Les Flyers sont capables d’être bons. De fait, ils devraient être meilleurs que leur place à cheval entre une présence et une exclusion des séries le laisse croire.Vraiment! Je vous réponds.
Gros et talentueux en attaque, les Flyers peuvent marquer des buts.

Une performance en deux temps à Philly

Ordinaires sans bon sens en défensive, les Flyers sont toutefois les pires de l’Association Est en défensive. Ils n’accordent pas une tonne de tirs, mais accordent en moyenne trois buts et des poussières par partie.
C’est beaucoup.
Avec la vitesse qu’il est capable de générer quand il patine à plein régime, avec le talent offensif dont il dispose quand il est incisif dans ses poussées vers les cages adverses, le Canadien aurait dû profiter de ces trois buts accordés par les Flyers en moyenne pour ajouter les deux points qui étaient à sa portée.
Surtout que le Tricolore a pris les devants 1-0. Et qu’après ses 51 premiers matchs de la saison, ce club affichait un dossier de 22-3-5 dans le cadre des matchs au cours desquels il a marqué le premier but.
Mais comme le Canadien n’était pas convaincant avant de marquer ce premier but et qu’il l’était moins encore après ce premier filet dans l’uniforme tricolore du nouveau venu Nikita Nesterov, les Flyers ont effectué une remontée victorieuse pour la 15e fois (15-16-3) cette saison.
Shaw pas d’allure...

Le jeu clé du match : la pénalité de Shaw








Non seulement le Canadien s’est contenté d’un effort insuffisant pour gagner, mais Andrew Shaw s’est rendu coupable d’une autre pénalité inutile – je me retiens pour ne pas écrire stupide – et coûteuse qui a ouvert la porte au premier but des Flyers.
Shaw est l’un des grands responsables de la défaite du Canadien. Un gars comme lui jongle avec les pénalités comme si elles étaient des grenades. Mais depuis son retour au jeu, les grenades sont dégoupillées et elles lui sautent au visage en entraînant des dommages collatéraux au reste de l’équipe. Ça n’a pas d’allure autant d’indiscipline.
Shaw n’avait aucune raison de faire sauter les patins de Sean Couturier. Mais il l’a fait… «C’est une très mauvaise pénalité. Tu ne peux pas prendre ce genre de punition», a lancé Michel Therrien qui a d’ailleurs confiné Shaw au banc après son retour du cachot.

« C'était une mauvaise pénalité de Shaw »
Une mesure disciplinaire visant à passer un message? «Je ne réponds pas à ça», s’est contenté de lancer Therrien. Cette réponse qui se voulait vague était au contraire très claire.
Il faudra que Shaw apprenne de ces (ses) erreurs. Car en ce moment, il donne des munitions à ceux, et ils sont nombreux, qui réclament des mesures disciplinaires plus sévères de la part de la direction.
On verra. 
Victoire méritée (s-t)

Canadiens 1 - Flyers 3








La patinoire qui ne penchait déjà pas du côté du Canadien et mise à s’effriter sous ses patins après le but offert par Shaw. Et les Flyers ont gagné.
Meilleurs que le Canadien les Flyers? Non!
Mais si ce n’est pas la meilleure équipe qui a gagné jeudi à Philadelphie, c’est certainement l’équipe qui méritait de gagner qui affiche deux points de plus au classement.
Quand les collègues ont indiqué à Michel Therrien après la rencontre que les Flyers avaient offert un effort associé au fait qu’il se batte pour une place en séries, le coach du Canadien a répondu : «On se bat pour une place en séries nous aussi en passant!»
J’adore cette réponse.

« Le Canadien est tombé à plat »
Vrai que le Canadien est toujours en tête de la division atlantique. Vrai qu’il n’est pas beaucoup menacé – du moins pas encore – parce que cette division est la plus faible (contre toute attente) de la LNH cette saison, mais Michel Therrien a raison de souligner que son équipe doit cesser de gaspiller des points comme elle l’a fait hier.
Car si ces points perdus ne sont pas de nature à mettre ses chances d’accéder aux séries en jeu, il est possible que les mauvais plis accumulés en saison écourtent la durée des séries alors que les mauvaises habitudes seront plus coûteuses encore.
«On n’avait pas l’attitude pour compétitionner. Il n’y a rien qui se passait et c’est pour cette raison qu’on a essayé de changer les choses en modifiant nos trios», a indiqué Michel Therrien qui n’a pas obtenu le survoltage qu’il souhaitait en fouettant son club.
Quand un collègue a tenté d’offrir une porte de sortie au Canadien en imputant à un possible relâchement collectif attribuable au retour de tous les réguliers en forme, Michel Therrien n’y a pas trouvé réconfort. «Ce n’était pas un bon match. C’est tout!» a-t-il tranché.
Le Canadien est bien mieux d’offrir du meilleur hockey samedi et aussi dimanche s’il veut sortir gagnant de sa traditionnelle fin de semaine du Super Bowl.
Car ce ne sont pas les Sabres de Buffalo ou même les Flyers de Philadelphie qui feront escale à Montréal en fin de semaine. Ce sont les Capitals de Washington – favoris pour gagner la coupe Stanley dans l’Est – et les Oilers d’Edmonton de Connor McDavid qui croiseront le Tricolore.
Deux équipes qui occupent une place dans le top-10 de la LNH cette saison. Et comme le Canadien s’est contenté d’un dossier de 4 victoires en 15 parties (4-10-1) jusqu’ici cette année contre les «gros clubs» disons qu’il est mieux d’être à son meilleur plutôt que de contenter du pire s’il veut sauver la face.
Ville de l’amour fraternel?
Avec cette défaite, Carey Price a maintenant encaissé des revers sept fois à ses huit derniers matchs disputés à Philadelphie. La victoire du Canadien et de Price est venue en tirs de barrage.
Lors de ces sept revers, Price a accordé 21 buts donc une moyenne de trois par partie. Sensiblement la même moyenne que celle des Flyers cette saison. Mais voilà : plus que le Canadien, les Flyers ont su profiter de cette moyenne ordinaire.
Price n’est pas à blâmer dans la défaite. Il a partiellement bloqué la rondelle sur le premier but. Sur le deuxième, Matt Read a décoché un très bon tir. Et c’est une hésitation de Shea Weber – ça ne lui arrive pas souvent, mais quand même – qui a ouvert la porte à l’attaque des Flyers.
Et j’espère que ses détracteurs ne le tiendront pas responsable du but dans le filet désert marqué en fin de rencontre.
Mais derrière une équipe qui n’a pas assez bien travaillé pour s’offrir des chances de gagner, Price se devait de tout bloquer. 
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais avec une telle statistique dans une ville qui est pourtant connue comme étant la ville de l’amour fraternel, je ne suis pas convaincu que le Canadien tient à passer par Philadelphie en séries le printemps prochain.
Surtout que la dernière fois que c’est arrivé (2010) le Canadien s’est fait éliminer après avoir pourtant surpris deux forces bien plus menaçantes : les Capitals de Washington et les Penguins de Pittsburgh.
Mais bon : comme l’a dit Michel Therrien, avant de penser aux séries, il faudrait peut-être prendre les moyens pour s’y rendre et de ne pas y arriver à bout de souffle.
Capable du meilleur comme du pire le Canadien? Mettez-en! Il en a encore fait la preuve cette semaine.