« Non, ce n'est pas un canular »! Les Sénateurs d'Ottawa, forts d'une victoire de 4-2 dans leur série les opposant aux tenaces et résilients Bruins de Boston, devraient être en mesure d’éliminer les Rangers de New York dans cette série demi-finale de conférence.

Pourquoi? Parce que plusieurs joueurs de premier niveau tels que Derick Brassard et Bobby Ryan ont été en mesure de prendre les choses en main au cours de « l'autre saison » du côté de la formation ottavienne et alors que la pression est à son paroxysme. Pour poursuivre leur chemin, les Sénateurs devront toutefois faire preuve de beaucoup de constance, et ce, dans une série qui promet d’être exigeante sur le plan physique et riche en émotions.

À notre époque caractérisée par des matchs serrés, le rendement des unités spéciales risque de faire pencher la balance entre la victoire et la défaite dans les moments critiques. Jusqu'ici, on peut dire que les Sénateurs ont répondu présents.
Des performances individuelles à l'intérieur d'un concept d'équipe étanche auront permis à la troupe de Guy Boucher de remporter trois des quatre victoires de la première ronde en période de prolongation, dont trois au TD Garden de Boston.

Malgré une opposition des plus intenses et une formation affichant une détermination hors du commun et malgré l'absence de joueurs clés en défensive en levée de rideau chez les Bruins, les Sénateurs auront réussi à relever le défi. Tout ça en raison de l'effort et de l'engagement. Les Sénateurs ont appris bien des choses lors de cette première​ ronde face à l'adversité que représentait l'équipe de Bruce Cassidy.
Je persiste à croire que les Sénateurs peuvent passer au travers des Rangers. Sans manquer de respect envers la formation du « Big Apple », leurs succès sont de beaucoup attribuables au brio du gardien de but Henrik Lundqvist (.947). Aussi, l'équilibre entre l'attaque et la défense aura permis aux Rangers de battre le Canadien, non sans peine.

Et sans nécessairement aller dans le micro-détail de l'état des forces, la série opposant les Rangers aux Sénateurs nous offre deux formations bien équilibrées, sans complexe d'infériorité sur les patinoires adverses et qui jouissent d’une belle profondeur autant en défensive qu'en attaque.
Sachant fort bien que la formation new-yorkaise a su faire face à l'adversité de la division métropolitaine avec aplomb tout au long de la saison, les Sénateurs devront se méfier. Au cours de la saison régulière, les Rangers ont eu une production offensive des plus respectables avec 256 buts marqués, alors que celle des Sénateurs se chiffrait à 212 buts marqués. Aussi, je pense que le gardien de but d'expérience Henrik Lundqvist possède un léger avantage sur son adversaire Craig Anderson.

Le format des séries éliminatoires, fort questionnable et sévèrement critiqué par plusieurs spécialistes de la « game », pourrait représenter un facteur déterminant dans la présentation potentielle d'un match ultime entre ces deux équipes.

Il ne faut pas non plus oublier le facteur blessure, qui pourrait jouer un rôle d'importance dans le dénouement de cette série. Les Sénateurs démontrent actuellement des signes d'une équipe en « mission » et ils semblent avoir une confiance grandissante de jour en jour.

Pour ces raisons, je crois que les Sénateurs devraient l'emporter en 6.

Mes prédictions dans l'Est :

- Rangers - Ottawa (Ottawa en 6)

- Pittsburgh - Washington (Washington en 7) 

Mes prédictions dans l'Ouest :

- Nashville c. St. Louis (Nashville en 6)

- Edmonton c. Anaheim (Anaheim en 5)

Canadiens de Montréal : Un bilan basé sur très peu d'indicateurs!
 
Du côté du club de hockey Canadien, l'heure était au bilan en début de semaine. L'équipe aura profité du moment pour vider les casiers et utiliser des expressions courantes pour tenter d'expliquer le pourquoi de cette élimination hâtive face aux impressionnants Rangers de New York, forts d'une saison de 102 points, seulement un de moins que la formation montréalaise.Marc Bergevin
Marc Bergevin (Source: PC)


Le directeur général Marc Bergevin aura tout de même laissé sous-entendre quelques pistes quant aux prochains défis qui l'attendent au cours des prochaines semaines, voire les prochains mois.
Bergevin aura été en mesure de se libérer du regard de plusieurs en demeurant soi-même dans un exercice où le non-dit aura été aussi sinon plus important que ses commentaires. 
 
Teinté de demi-vérités en surface, le discours était, j’en suis certain, bien différent à l'intérieur du vestiaire. Les attentes étaient grandes suite au mouvement de personnel, ces changements ayant eu lieu tant au niveau des joueurs qu'au niveau du congédiement de l'entraineur-chef Michel Therrien.
 
Pour Marc Bergevin, le travail s'annonce colossal. Il devra être à la recherche de solutions sur les orientations futures, qui dicteront et influenceront les étapes à suivre pour s'assurer que cette élimination au premier tour ne soit qu'une erreur de parcours. 

L'heure des choix se pointe à l'horizon pour Bergevin et sa troupe. Pour progresser, l'homme de tous les pouvoirs chez le Canadien de Montréal devra décider et même renoncer à certaines choses en raison des contraintes du plafond salarial et de l'arrivée du repêchage d'expansion en juin prochain. Des décisions qui auront sans contredit des conséquences au final.

En contrepartie, l'entrée en scène de Claude Julien en cours de saison devrait représenter un élément extérieur (maintenant de l’intérieur) intéressant dans le processus d'évaluation à l'interne.

Son entrée en poste, depuis quelques mois, lui aura sans doute permis de bien évaluer les forces et faiblesses de chacun des joueurs, tant au niveau professionnel, que personnel.

Voilà des observations qui pourraient influencer de façon importante les prochaines actions du directeur général, considérant l'entente à long terme négociée avec Claude Julien.

En se faisant allier de son directeur général, cela ne pourra que stimuler la qualité des échanges et les mesures à prendre. Il faudra certes améliorer certaines facettes, mais il n’y a pas lieu de tout jeter à l'eau, car la série face aux Rangers aurait très bien pu pencher d'un côté comme de l'autre.

Un exercice qui exigera beaucoup de rigueur et de discipline dans ce processus de remise en question, mais un processus nécessaire pour celui qui a le mandat de faire du Canadien une formation compétitive malgré une parité de plus en plus présente au sein du circuit Bettman.

Là où la ligne est de plus en plus mince entre la réussite et l'échec dans ce milieu extrêmement compétitif.