Le Canadien a profité de la générosité de l’arbitre Dean Morton pour marquer deux fois en avantage numérique en troisième période. Deux buts qui l’ont propulsé vers une victoire de 3-1 aux dépens des Devils du New Jersey.
Une victoire méritée? Pas vraiment, car quand on regarde sous tous les angles le double-échec de Karl Stollery aux dépens de Nathan Beaulieu, il est clair qu’une pénalité majeure est nettement exagérée comme sanction. Surtout que regardant le jeu défiler, on se rend compte que l’arbitre Frederick L’Écuyer, campé à la ligne bleue sur le jeu controversé, n’a pas levé le bras pour signifier son intention de sévir.
Stollery méritait une pénalité. C’est clair. Il méritait au moins deux minutes au cachot. Peut-être même que l’officiel aurait pu lui décerner une double mineure de façon à offrir au Canadien un avantage numérique malgré la pénalité de réaction écopée par Torrey Mitchell qui est venu à la rescousse de son coéquipier défenseur.
Canadiens 3 - Devils 1
De cette façon, l’attaque massive du Canadien aurait pris fin avec le but de Shea Weber – quel plomb du défenseur pour marquer son 11e de la saison, son 9e en avantage numérique – au lieu de se prolonger et d’ouvrir la porte au but de Pacioretty – son 21e de la saison – qui a scellé l’issue de la rencontre. La pénalité majeure a représenté le jeu le plus important de la rencontre. Le point tournant de la victoire.
Une victoire convaincante? Pas vraiment non plus, car à forces égales le Canadien a été battu 1-0 par une équipe qui n’a rien fait pour lui compliquer le travail.
Une victoire rassurante? Un peu j’en conviens en raison des trois buts qui moussent l’efficacité de l’avantage numérique et qui moussent aussi les statistiques personnelles de Galchenyuk, Radulov et Pacioretty.
« Nous avons un autre gros match demain »
Mais quand on regarde les Devils aller, il n’y a rien de vraiment rassurant à les battre. De fait, il serait très démoralisant de perdre contre eux.
Je sais! Les Devils venaient de battre le Wild du Minnesota 4-3. Ils venaient même de signer trois gains de suite – et sur la route en plus – après avoir battu Calgary et Vancouver avant l’escale au Minnesota.
Mais à les regarder aller contre le Canadien, tout ce qu’on pouvait faire était de se demander comment diable les Devils avaient pu signer ces trois victoires de suite. Comment ils peuvent en revendiquer 19 depuis le début de la saison. Comment ils peuvent toujours être dans la course pour la dernière place donnant accès aux séries éliminatoires au lieu d’être impliqués dans la course au premier choix de la cuvée de sélection de juin prochain.
Mauvais les Devils? Mauvais sans bon sens! Mauvais dans tous les aspects du jeu. Offensivement, les Devils n’ont cadré que 17 rondelles sur Al Montoya. De ces 17 tirs, pas sûr que plus de trois ou quatre aient représenté des occasions de marquer.
Et comme les Devils n’ont décoché que 30 tirs au total, on ne peut pas dire que le Canadien les a poussés à tirer hors cible ou qu’il a bloqué de nombreuses rondelles devant son gardien.
Défensivement, ce n’était pas mieux.
« Tout était bien dans ce match »
De fait, les Devils ont retenu l’attention bien plus par le nombre de chutes multipliées par leurs joueurs que par les beaux jeux complétés.
C’était pénible à voir.
Loin de moi l’intention de minimiser ce que le Canadien a fait de bien dans ce match. Mais en écoutant les commentaires ultras positifs des joueurs qui parlaient d’une partie presque parfaite sur la route, je n’arrivais pas à rejoindre leur grand optimisme tant ils ont battu un adversaire aussi moribond.
Et ce n’est pas comme si le Canadien avait haché finement les Devils n’ont plus. Il a eu besoin de la générosité de Dean Morton pour venir à bout d’un club aussi ordinaire. En plus, des 26 tirs cadrés par le Canadien sur le gardien Keith Kinkaid – le meilleur de son camp vendredi soir – 17 sont venus de trois joueurs : Max Pacioretty (6), Jeff Petry (6) et Shea Weber (5). Ça laisse neuf gros tirs pour les 15 autres joueurs.
« J'ai beaucoup aimé nos trios »
Malgré tout ça, le Canadien a gagné. Et comme il avait perdu quatre fois à ses six derniers matchs, il ne crachera certainement pas sur cette victoire. Peu importe son lustre, ou manque de lustre puisque c’est de cela dont il est question ici. Il faudra bien plus qu’une victoire offerte sur un plateau d’argent comme celle livrée en cadeau par les Devils pour replacer le Canadien au sein de la liste des prétendants réels aux grands honneurs cette année.
Mais bon! Comme l’a dit Carey Price mercredi, la coupe Stanley ne se gagne pas en janvier…
De Radulov à Galchenyuk... et le but!
Pacio complète un jeu de passes parfait!