jeudi 16 février 2017

Faut-il stopper Bettman?

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Le commissaire de la LNH, Gary Bettman, a trop de pouvoir, dénonce le spécialiste du droit des affaires Julien Pelletier. Qui déplore aussi son acharnement à maintenir le hockey dans le Sud, alors que la ligue pourrait prendre de l’essor au Canada.

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Le contrat de Gary Bettman, 64 ans, prendra fin en 2022. (Photo: Chris Young / La Presse Canadienne)
Le contrat de Gary Bettman, 64 ans, prendra fin en 2022. (Photo: Chris Young / La Presse Canadienne)

Y aura-t-il une équipe de hockey professionnel à Québec? La rondelle est du côté du commissaire de la Ligue nationale de hockey (LNH), Gary Bettman, selon le spécialiste du droit des affaires Julien Pelletier. «Il a plus de pouvoir qu’un président-directeur général n’en a sur son entreprise», dit le juriste, qui rédige une thèse de doctorat sur la gouvernance de la LNH. Il constate que la valeur des équipes a crû depuis la création, en 1992, du poste de commissaire, que Bettman occupe depuis.
Les 30 équipes de la ligue génèrent des revenus annuels de 3,7 milliards de dollars. Le Canadien de Montréal (77 millions de profit en 2015) et les Maple Leafs de Toronto (68 millions) affichent complet à chacun de leurs matchs, même au cours de leurs plus mauvaises saisons. Mais d’autres équipes sont en déficit perpétuel et jouent devant des gradins à moitié vides.
Seules 30 personnes (un conseil formé d’un membre de chaque équipe) siègent à la tête de la LNH, qui a été constituée en organisme sans but lucratif en 1917 à Montréal. Et tout juste une centaine d’employés travaillent à son siège social, à New York. La ligue n’a pas pour objectif d’engendrer des profits, mais elle doit permettre aux équipes d’en faire le plus possible.

En étudiant la structure administrative de la LNH, Julien Pelletier en est venu à la conclusion que la faille principale de l’organisme était le «pouvoir étendu du commissaire», défini par l’article 6 des statuts constitutifs, un document auquel il a eu accès. «Bettman s’est arrogé des pouvoirs tels que les propriétaires d’équipe ne peuvent tirer plein profit de leurs succès», dit-il.

L’actualité l’a joint à l’Université d’Ottawa, où il est chargé de cours à la Faculté de droit.

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La Ligue nationale de hockey est-elle mal gérée?

Oui et non. Si on regarde uniquement les profits, en hausse constante depuis 20 ans, on peut dire que la ligue est entre bonnes mains. Les équipes pourraient-elles être plus rentables et la valeur de la ligue elle-même pourrait-elle être rehaussée? Cela ne fait pas de doute.

Pourquoi?

Actuellement, cinq équipes sont très rentables et il y en a autant qui perdent de l’argent année après année depuis au moins une décennie. Les autres connaissent des fluctuations: une bonne saison, une moyenne, une mauvaise. De façon générale, les plus rentables sont au Canada ou dans le nord des États-Unis et les déficitaires sont situées dans le Sud. Des exemples? Les Hurricanes de la Caroline, les Panthers de la Floride, les Coyotes de l’Arizona, les Blue Jackets de Columbus et les Predators de Nashville doivent essuyer déficit sur déficit. Ce n’est pas un hasard. On a voulu implanter le hockey dans des régions où ce sport ne fait pas partie de la culture locale. Les droits de télévision sont une source de revenus, mais il faut aussi un public pour appuyer l’équipe. On a oublié que ce qui fait la différence entre les profits et les pertes, c’est la vente de billets et de produits dérivés.

Ne serait-il pas plus simple de se débarrasser de ces canards boiteux ou de les déplacer dans des marchés plus lucratifs?

Voilà toute l’ambiguïté de la situation actuelle. La ligue est réticente à déménager des équipes non rentables. Les raisons sont historiques. Quand Gary Bettman est entré en poste, le 11 décembre 1992, son mandat était très clair: faire prospérer la ligue, mais aussi la faire progresser sur le marché du sud des États-Unis. Près de 25 ans plus tard, cet engagement tient toujours, même si beaucoup d’observateurs estiment que ce n’est pas une bonne idée. En droit des affaires, on voit ça à l’occasion, des positions indéfendables mais auxquelles les dirigeants tiennent. Comme s’ils ne voulaient pas admettre leurs erreurs… Les théoriciens de l’économie appellent ce phénomène la «dépendance au sentier».
Photo: François Lacasse / NHL / Getty Images
Photo: François Lacasse / NHL / Getty Images

Gary Bettman occupe une place importante dans votre thèse. Pourquoi?

En raison des pouvoirs qu’il a entre les mains. Dans le monde des affaires, c’est une chose rare. Il peut suspendre ou exclure de manière définitive un entraîneur, un propriétaire, un actionnaire, un dirigeant et même un joueur de la ligue. Il peut résilier unilatéralement des contrats et ordonner lui-même des échanges de joueurs entre équipes. Il a littéralement le droit de vie ou de mort sur les équipes et peut infliger des amendes atteignant un million de dollars. La plupart des présidents de grandes entreprises n’ont pas la moitié de ces pouvoirs. Dans son contrat, une clause prévoit sa mise à pied s’il commet des fraudes, mais autrement il est à peu près impossible de le déloger, puisqu’il a nommé 25 directeurs généraux sur 30.

Comment la LNH a-t-elle permis cette concentration de pouvoirs?

Cela remonte au moment de l’embauche de Bettman. Les dirigeants d’alors, avec Bruce McNall à leur tête [voir ci-dessous], cherchaient une personne capable de conduire la LNH jusque dans les ligues majeures du sport professionnel. Après une première vague d’entrevues, ils n’avaient toujours pas trouvé cette perle rare. Ils ont regardé du côté de la Ligue nationale de basketball, la NBA, où une relance commerciale avait été menée avec un énorme succès. Gary Bettman en avait été un acteur clé. Il avait notamment négocié une nouvelle convention collective avec les joueurs et travaillé à la mise sur pied d’un plafond salarial. Il n’était pas le premier choix des recruteurs, mais il constituait un candidat intéressant. Il a exigé des conditions très précises avant de signer son contrat. On les trouve à l’article 6.


Il faut remonter aux années 1980 pour comprendre l’acharnement de la LNH à donner de l’essor au hockey sur glace dans des régions où le mercure ne descend jamais sous zéro. L’homme d’affaires américain Bruce McNall, alors président des Kings de Los Angeles — il est surtout connu pour avoir obtenu Wayne Gretzky, des Oilers d’Edmonton, en 1988 —, a fait pression sur le conseil d’administration (qu’il dirigeait) pour que la ligue prenne de l’expansion dans le Sud. Ainsi, il faisait grimper la valeur de sa propre équipe, qu’il a vendue peu après. Les administrateurs ont adopté le plan de développement de McNall sans se douter que celui-ci allait être accusé de fraude et condamné à 70 mois de prison quelques années plus tard.
Celui qui a mené la LNH dans le Sud


Que reprochez-vous à cet article?

Qu’il soit écrit pour préserver les intérêts du commissaire, et non ceux des équipes. Actuellement, le commissaire voit son salaire augmenter, car les profits des équipes sont en hausse. Pourtant, la moitié d’entre elles enregistrent des pertes. Ne serait-il pas préférable de changer les statuts pour préciser que le travail du commissaire consiste à «maximiser la valeur des équipes»? Si on changeait seulement ce petit bout de phrase, toute la ligue se porterait mieux.

Et comment avez-vous découvert cette faille?

En consultant les éléments constitutifs de la ligue. Normalement, ce sont des informations confidentielles, mais celles-ci sont publiques depuis qu’un juge en a ordonné la divulgation lors d’un litige contre les Coyotes de l’Arizona en 2009. Pour avoir gain de cause au moment de vendre la concession aux nouveaux propriétaires, la ligue n’a eu d’autre choix que de les révéler. Or, peu de gens consultent ces documents, car ils sont un peu rébarbatifs. Sauf pour un juriste.

Quelqu’un a-t-il tenté de s’oppo­ser au commissaire?

Oui, les Rangers de New York ont voulu contourner les statuts et règlements pour s’approprier les droits de retransmission Internet et la vente de produits en ligne en 2007. La ligue ne les y autorisait pas, et les propriétaires de l’équipe ont été mis à l’amende: 100 000 dollars par jour. Ils ont abandonné après deux jours. Puis, ils ont poursuivi la ligue après les séries éliminatoires, alléguant que les revenus générés pour les équipes étaient insuffisants. Ce caractère «contrôlant» de la ligue sur les équipes diminuait à leurs yeux les occasions d’améliorer leurs affaires et d’attirer plus de clientèle. Gary Bettman a gagné son pari.

Québec aura-t-elle son équipe de hockey?

Impossible de le savoir actuellement. Mais on sait que Gary Bettman ne négocie pas devant les caméras. S’il agit cette fois-ci comme il l’a fait avec les Jets de Winnipeg, en 2011, le dossier de Québec pourrait être en train de progresser positivement. Aucune information n’avait filtré des échanges entre Bettman et les responsables manitobains. Une fois le stade construit, l’annonce de l’arrivée des nouveaux Jets a été faite.
La LNH a tout intérêt à prendre de l’essor au Canada. Selon des chercheurs du Centre Mowat [NDLR: un groupe de recherche en politiques publiques de l’Université de Toronto] qui ont étudié la question en 2011, il pourrait y avoir 12 équipes canadiennes viables dans la LNH. Si les propriétaires pouvaient déménager certaines équipes ou en créer de nouvelles, ces franchises seraient plus rentables que la moyenne des équipes américaines existantes, estiment-ils. À lui seul, le public de la région métropolitaine de Toronto est suffisant pour faire vivre une deuxième et même une troisième concession. Avec ses neuf millions d’habitants, l’Ontario pourrait compter une autre équipe à Hamilton, Kitchener ou London. Montréal et Vancouver pourraient accueillir une deuxième équipe. Aux yeux des chercheurs du Centre Mowat, le hockey professionnel à Québec est viable. Cette région présente un marché équivalent à celui de Winnipeg.

Et votre opinion là-dessus?

Même si je suis un amateur du Canadien de Montréal, je crois que ce serait formidable d’avoir une équipe à Québec. La rivalité entre Montréal et Québec à l’époque des Nordiques, on la vivait intensément dans mon village natal, au Nouveau-Brunswick.
Julien Pelletier a pour directeur de recherche Stéphane Rousseau, professeur de droit à l’Université de Montréal et titulaire de la Chaire en gouvernance et droit des affaires.

Hansen optimiste de voir Seattle obtenir son amphithéâtre

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Chris Hansen
Chris Hansen (Source d'image:Getty)

SEATTLE - L'homme d'affaires Chris Hansen a demandé un peu plus de patience et d'optimisme jeudi afin qu'il puisse concrétiser son projet de construire un amphithéâtre pour une éventuelle concession de la LNH ou de la NBA dans le secteur des stades de Seattle.
L'entrevue accordée par Hansen à l'Associated Press lui a permis d'émettre ses premiers commentaires publics en près de deux ans à propos des efforts qu'il déploie sur le terrain. Hansen a admis que son groupe d'hommes d'affaires avait été surpris de la décision du conseil municipal rendue en mai dernier de refuser une proposition de fermeture de rue qui aurait fait avancer le projet avec des investissements publics.
Hansen a ajouté que son groupe avait réévalué la situation à la suite du vote et décidé de transformer le projet afin qu'il soit financé par des fonds privés. Il a souligné que d'autres investisseurs se grefferont aux cinq qui ont déjà signalé leur intérêt publiquement - dont le quart-arrière des Seahawks de Seattle Russell Wilson.
Le nouveau projet requerra également la fermeture d'une rue, qui avait été refusée il y a un an.

L'appel du Canadien de Montréal était trop fort pour Claude Julien

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Julien est déterminé à relancer le Canadien


MONTRÉAL – Il fallait vraiment que la situation soit idéale pour que Claude Julien mette fin abruptement à un repos bien mérité après une décennie à la barre des Bruins de Boston. Mais la tentation de revenir diriger le Canadien était tout simplement trop forte.
Pourtant, Julien se retrouvait en position de force pour négocier et choisir la meilleure occasion. Plusieurs équipes convoitaient déjà ses services et il trouvait que le moment était parfait pour revenir à Montréal où il avait connu son baptême comme entraîneur-chef dans la LNH en 2002-2003.
« Pour être honnête, j’avais l’intention d’attendre au printemps avant de prendre une décision », a admis Julien dans une conférence téléphonique durant laquelle il a démontré une grande générosité de son temps surtout dans les circonstances actuelles.
« Ça arrive vite, je ne vais pas mentir. J’avais dit que je patienterais à moins que ce soit quelque chose que je ne pouvais pas refuser », a-t-il ajouté. 

Ce plan a justement pris le bord – si on peut le dire ainsi – lorsque Marc Bergevin l’a contacté pendant ses vacances au Vermont. Les négociations ont finalement mené à un contrat de cinq ans en plus de la conclusion de la saison 2016-2017. Selon Pierre LeBrun, Julien touchera cinq millions $ par année au cours de cette entente.
« J’ai travaillé avec lui à la Coupe du monde et j’ai eu une belle connexion avec Marc. C’est un bon directeur général et une bonne personne. C’est important pour moi de travailler pour des bonnes personnes », a expliqué Julien qui a pu parler à Geoff Molson également.
« Pour retourner rapidement, il fallait que ce soit une situation idéale et elle l’était pour moi. Ç’aurait peut-être été plus facile dans un marché moins axé sur le hockey, mais j’aime ces défis », a révélé l’homme de 56 ans qui se rapproche de sa famille.
Au moment de remplacer Michel Therrien pour une première fois, Julien découvrait la LNH dans le rôle d’entraîneur. Son expérience a été de courte durée alors qu’il a été congédié après 159 parties régulières aux commandes du CH.
Julien préfère ne pas utiliser le mot leçon pour décrire les apprentissages de son premier séjour à Montréal, mais il sonne comme un entraîneur mieux outillé pour ce mandat.
« Je ne dirais pas une leçon, c’est plus à propos de l’expérience acquise. Je n’ai jamais été amer par rapport à ce qui est arrivé. C’était mon premier emploi et mon premier congédiement également.
« Ça m’excite de revenir à Montréal et ce n’est certainement pas avec un manque d’expérience cette fois-ci », a affirmé Julien avec un message clair.
Pas de grands changements à court terme
Grâce à son curriculum vitae bien garni, Julien a déterminé que ce ne serait pas avantageux de provoquer un bouleversement au sein du Canadien. Ainsi, il a décidé de conserver tous ses adjoints pour compléter le calendrier en vigueur.
« Rien ne va changer et je les connais tous d’ailleurs. Si je fais des changements, ce ne sera pas cette année et je ne veux pas dire par là que je vais nécessairement en faire », a précisé l’entraîneur qui dirigera son premier entraînement vendredi en fin d’après-midi.
Quant à ce qui se déroule sur la patinoire, Julien va évidemment ajouter sa touche, mais avec une certaine retenue.

« J'aime la direction et le potentiel de l'équipe »








« Je n’ai pas encore eu le temps de poser des questions aux autres entraîneurs et je veux en apprendre davantage. Avec ce que j’ai vu et ce qu’ils vont me dire, je vais faire des ajustements qui seront convenables et qui vont aider l’équipe à retrouver le chemin de la victoire », a répondu celui qui a été récipiendaire du trophée Jack-Adams en 2008-2009.
« Au niveau du système, on ne peut pas tout changer en arrivant à ce moment de la saison. Il ne faut pas changer trop de choses au point que ça finirait par nous nuire », a-t-il poursuivi.
Julien a profité de l’occasion pour rappeler que le Canadien n’est pas une équipe de la cave du classement.
« Je prends une équipe qui est en première place (de la division Atlantique). Même s’ils ont connu des moments difficiles dernièrement, on ne peut pas oublier les bons moments en début de saison.
« Même si le club ne marque pas présentement, il a beaucoup de talent en attaque. Est-ce une question de confiance ou de style de jeu ? C’est l’une des choses qu’on va identifier et on va faire les ajustements », a pointé Julien.
Réaliste et honnête, Julien a convenu que son congédiement à Boston avait produit un effet bénéfique sur les Bruins.
« On constate qu’une nouvelle voix aide à Boston. Ça donne de l’énergie à l’équipe et j’ai l’intention de faire ça avec le Canadien », a proposé l’ancien défenseur.

« Je suis heureux de revenir à Montréal »
Bien sûr, il aurait été étonnant qu’il dise le contraire, mais Julien a témoigné sa confiance envers l’orientation choisie par Bergevin pour bâtir la formation.
« J’aime la direction dans laquelle cette équipe s’en va et le potentiel qu’elle a. Pour moi, l’idée est de maximiser le potentiel et se donner une très bonne chance de gagner au plus haut niveau », a-t-il plaidé sans nommer la coupe Stanley.
L’influence de Carey Price et des autres piliers
En plus de revenir dans un marché qu’il connaît, Julien sera entouré de plusieurs joueurs familiers. Au fil des ans et des rendez-vous internationaux, il a appris à connaître Carey Price et Shea Weber. Il retrouvera aussi Andrei Markov et Tomas Plekanec qui étaient là lors de sa première expérience à Montréal.
Julien a mentionné l’importance de miser sur des meneurs qui peuvent propager son message. L’entraîneur francophone a précisé qu’il avait entretenu une bonne relation avec ses joueurs à Boston et il entend agir de la même manière à Montréal.

« Carey Price est le meilleur gardien au monde »








« J’ai toujours eu une bonne relation avec mes joueurs. J’ai reçu plusieurs messages de joueurs depuis mon congédiement et même de certains qui ne jouaient pas beaucoup », a spécifié Julien qui base ses relations sur l’équilibre entre le respect et l’autorité.
« Je n’ai pas l’intention de changer de style, je pense que c’est l’une des raisons qui m’a donné l’occasion de revenir à Montréal », a interprété l’entraîneur qui croisera souvent le fer avec son ancienne équipe.
Évidemment, la relation la plus importante sera celle avec Carey Price. Le gardien du Canadien a besoin de retrouver son aplomb et la nouvelle approche de Julien pourrait difficilement nuire.
« Je m’entendais très bien avec Carey. En tant qu’adjoint avec l’équipe canadienne, tu as encore plus la chance de parler avec les joueurs et j’en ai profité notamment avec lui. C’est une très bonne personne, professionnelle et respectueuse. Je vais continuer cette relation », a évoqué Julien.
« C’est le meilleur gardien au monde, je l’ai vu à son sommet. C’est normal qu’un gardien traverse des moments difficiles. Il va s’en sortir, on va l’aider notamment avec notre jeu d’équipe et je ne suis pas inquiet », a soutenu Julien en laissant sous-entendre le resserrement du jeu défensif.
Dès qu’il arrivera à Montréal, Julien multipliera les heures de préparation avec ses adjoints dont le responsable vidéo. Il se dit plus que prêt pour cette aventure malgré un bref répit.
Lorsque Julien a été congédié par l’état-major des Bruins, la décision semblait cruelle surtout qu’il s’approchait du plateau des 1000 matchs derrière un banc de la LNH. Mais la vie fait parfois bien les choses puisqu’il vivra cet accomplissement en tant qu’entraîneur du Canadien, un scénario qui semblait plus qu’improbable au moment de son congédiement.
« C’est quand même spécial. Si les gens se souviennent bien, j’ai toujours été un partisan en grandissant en Outaouais. Mon rêve s’est concrétisé quand j’ai pu diriger le Canadien et je vais maintenant atteindre mon 1000e match avec cette organisation; ça va rendre le tout encore plus spécial », a confié Julien qui a choisi cette offre pour son bien, mais aussi pour celui de sa femme et ses enfants.

Émotif, Bergevin admet avoir fait un choix déchirant en congédiant Therrien

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Une décision déchirante pour Bergevin


MONTRÉAL – Même si la décision a été émotive et déchirante, Marc Bergevin considérait que quelque chose clochait dans les performances de son équipe et il croit avoir frappé un coup de circuit en embauchant Claude Julien.
Le directeur général du Canadien n’a pas caché ses sentiments, mercredi, lorsqu’il a rencontré les médias pour expliquer la bombe qu’il a déclenchée en congédiant Michel Therrien la veille.

En voyant l’eau grimper dans les yeux de Bergevin, on a véritablement compris l’implication de cette décision. Il a été envahi par les émotions quand un confrère lui a soulevé le côté injuste du métier d’entraîneur.
« Je suis content que tu me parles de ça. Souvent, on oublie cet aspect. On dit souvent qu’un joueur, un entraîneur ou un directeur général gagne tel salaire. Mais au bout du compte, ce n’est pas l’argent ou la gloire qui importe. On est tous des humains et on a tous des sentiments.
« Et c’est tough. C’était tough hier (mardi) », a avoué Bergevin avec franchise.
Le DG du Canadien a contacté Therrien mardi en après-midi pour le rencontrer et il s’est déplacé à son domicile pour le faire. Bergevin a expliqué la discussion a duré environ 20 minutes et qu’elle a été à l’image de leur relation.
« On a toujours fait notre travail avec sincérité et émotion. Notre rencontre n’a pas été différente », a-t-il confié en affirmant que le président Geoff Molson n’avait eu aucun rôle à jouer dans cette décision.
Si ce fut difficile pour Bergevin de parler de la fin de son association de cinq ans avec Therrien, il a démontré une grande confiance en Julien et ses capacités pour corriger le tir.
« Mes responsabilités de directeur général vont au-delà des sentiments. Récemment, j’ai évalué qu’on était rendu à un point tournant pour notre équipe. Je suis convaincu et très fier d’avoir mis la main sur l’un des meilleurs entraîneurs de la LNH. Au point où on est rendu, Claude est le meilleur homme de la situation, il a fait ses preuves », a décrit Bergevin en citant notamment sa conquête de la coupe Stanley.
« Avec 24 rencontres à disputer dans la saison, c’est l’homme de la situation et aussi pour la vision à long terme. Il remplit les deux choses importantes à mes yeux, la stabilité et le court terme. C’est comme un coup de circuit », a-t-il osé dire.
Julien a donc reçu un contrat à long terme sans même procéder à une entrevue formelle comme c’est la coutume lorsqu’une formation possède le temps pour le faire. Bergevin a appris à mieux connaître durant la Coupe du monde et il prétend qu’il n’a eu besoin que de 30 secondes pour comprendre qu’il était un « bon gars ».

« Claude Julien est un coup de circuit »








« Selon sa feuille de route, c’est une superstar. C’est un excellent entraîneur. Sa fiche parle d’elle-même. Est-ce que je l’ai payé comme une superstar? À mon avis, l’argent n’a pas d’importance », a ajouté Bergevin quelques minutes plus tard.
Aux dires de Bergevin, le congédiement de Julien par les Bruins de Boston ne l’a pas incité à procéder à ce changement.
« J’ai senti que l’équipe avait besoin d’un changement. C’est là que j’ai pris ma décision. Ç’a adonné que Claude était disponible. Si Claude n’avait pas été là, il y avait quand même une décision à prendre pour l’équipe. Pour moi, le moment était idéal pour prendre cette décision », a expliqué le DG.
Bergevin aurait décidé de passer à l’action pendant la fin de semaine de deux matchs en deux jours contre St Louis et Boston. Il s’est retrouvé à faire une liste de candidats et il a déterminé que Julien était l’homme de la situation. Bergevin a toutefois refusé de confirmer s’il avait parlé à d’autres candidats, comme Gerard Gallant par exemple.
Un geste motivé par l’opinion de Carey Price et de ses coéquipiers?
Évidemment, le sujet de Carey Price a été abordé durant la conférence de presse de Bergevin. L’étoile du gardien du Canadien a pâli depuis quelques semaines et le regard qu’il a lancé à Therrien lorsque celui-ci l’a retiré du match contre les Sharks de San Jose, le 16 décembre, soulève encore des questions.

« J'ai eu un bon feeling avec Claude »
« Je ne crois pas que Michel avait perdu son joueur étoile, c’est mon opinion personnelle. Mais la seule personne qui peut répondre à ça, c’est Carey », a indiqué le patron.
« Mais c’est vrai que Carey a eu des hauts et des bas dernièrement comme le reste de notre équipe. Mais je crois toujours aujourd’hui que Carey est le meilleur gardien au monde », a ajouté Bergevin qui espère revoir le Price des beaux jours.
« Les performances de Carey Price ne me préoccupent pas. Est-ce qu’il a connu des difficultés? Oui. [...] Je m’attends à plus de lui. Est-ce que c’est de sa faute si on est ici aujourd’hui? Non. C’est l’équipe qui ne jouait pas au niveau que je m’attends d’elle », a-t-il admis.
La réunion tenue, en Arizona, par Bergevin avec son trio de meneurs (Price, Max Pacioretty et Shea Weber) a également laissé croire qu’il en avait profité pour tâter le pouls du vestiaire quant à la relation avec Therrien.
« Je veux être clair là-dessus parce que ce sujet a pris des proportions trop grandes. Je veux être certain que tout le monde comprenne bien. Michel et moi avons eu une conversation le matin comme on le faisait tous les jours. Je lui ai dit que j’allais rencontrer quelques joueurs et je lui ai demandé de me joindre. Michel m’a dit que c’était une journée de congé pour les joueurs et les entraîneurs et que je devrais peut-être faire la rencontre seul avec eux. Il était bien au courant de la situation et la discussion n’était pas à propos de lui.»
« Si j’avais voulu faire une réunion de ce genre, je sais bien que ça ferait plus de sens ne pas s’asseoir dans le lobby de l’hôtel », a déclaré Bergevin avec fermeté.

Bergevin fait le point sur l'embauche de Julien
D’ailleurs, le directeur général prétend qu’il n’a pas consulté ses protégés avant de trancher.

« La décision a été prise en fonction des performances de l’équipe sur la patinoire. Aucun joueur n’a rien dit et je ne l’ai pas demandé non plus », a-t-il mentionné.

Le cas d’Alex Galchenyuk sera également intéressant à surveiller. Il reviendra maintenant à Julien de déterminer s’il doit l’utiliser en tant que centre ou ailier. Peu importe la position, il doit trouver une manière de le relancer pour de bon.

« Je ne suis pas prêt à envoyer Michel en-dessous du bus pour ça. Je crois qu’il a fait un bon bout avec Alex. Il a progressé beaucoup depuis son arrivée à Montréal. Il a eu un peu de difficulté récemment, mais Michel l’a beaucoup aidé. Ce n’est pas qu’Alex. C’est l’équipe au complet qu’on doit redresser », a répondu Bergevin au sujet du talentueux gaucher.

Quelle part du blâme revient à Bergevin?

À la suite de la dégringolade du Canadien la saison dernière, Bergevin ne s’est pas défilé et il a assumé une grande partie du blâme. Il a réagi en procédant à quelques changements dont l’énorme transaction impliquant Shea Weber et P.K. Subban. L’objectif principal était de corriger le leadership vacillant.

« J'ai senti que l'équipe avait besoin d'un changement »
Pourtant, quelques mois plus tard, le CH se retrouve dans un autre creux. Malgré tout, Bergevin considère que le groupe est assez solide mentalement pour s’en sortir.

« Je ne vois pas de problème avec le leadership. Je pense qu’on est très fort là-dessus. Si on veut nommer quelques noms : Shea, Price et Pacioretty ont tous élevé leur jeu à différents moments. Cela dit, si l’équipe avait joué à la hauteur de ses capacités, je ne serais pas ainsi. Ils doivent élever jeu à un autre niveau », a déclaré Bergevin.

Le patron du Canadien a préféré remplacer son entraîneur au lieu de lui procurer de nouvelles armes via une transaction. Bergevin croit même que son club détient les outils pour nécessaires.

« Pour ce qui est d'une transaction, je veux être clair là-dessus, je ne vais pas donner des jeunes comme (Mikhail) Sergachev pour remplir un trou, ça n’arrivera pas. Si le prix à payer est nos jeunes qui seront dans l’organisation pour 10-15 ans, je ne le ferai pas », a tenu à préciser l’intervenant.

Bergevin pense donc que son équipe aurait dû afficher un meilleur rendement et il espère que l’arrivée de Julien lui donne raison. Il n’a pas voulu utiliser le calendrier compressé comme excuse.

Le directeur général du Canadien n’a pas voulu dévoiler d’informations privilégiées pour expliquer les ennuis de sa troupe.

« J’ai ma propre opinion là-dessus, je dois garder quelques informations à l’interne. Mais je trouvais simplement que les gars ne jouaient pas comme ils le devraient. Il y avait des signes que quelque chose clochait », a répété Bergevin.

Julien est déterminé à relancer le Canadien

Un premier congédiement d'entraîneur pour Bergevin

« On a vu un Marc Bergevin inquiet »

« Je ne suis pas préoccupé, mais je m'attends à plus »